‹ Sainte Elisabeth de HongrieChapitre 10 sur 58 · Szilâgyi, A magyar nemzet tôrUnete, t. II, p · texte numérisé non relu

Szilâgyi, A magyar nemzet tôrUnete, t. II, p

le ban Michel, le comte Pierre de Nagyvârad, ispân de Csaiiâd,et le ban Bank, delà famille nobledeBor; ils résolurent de prendre d'énergiques mesures contre les protégés de la reine et bientôt la lutte s'ouvrit contre les Allemands. A ce moment, le roi André fut obligé de partir pour combattre, en Galicie ; les conjurés profitèrent de son absence pour mettre leur complot à exécution.

Le 28 septembre 1213^ alors que la reine, accompagnée de l'archevêque Berthold, venu en visite avec quelques ecclésiastiques, du duc d'Autriche Léopold VI et de sa suite, se reposait sous une tente dans laforêtde Pilis, une troupe, ayant à sa tête Bânk, se précipita sur la tente royale et un horrible carnage eut lieu ; le duc Léopold et l'archevêque Berthold purent s'échapper, mais la reine fut poignardée, les premiers coups lui furent portés par Simon, le gendre de Bânk; elle tenait son fils Bêla, serré entre ses bras, Bânk le lui arracha en disant: « Loin de moi l'idée de verser le sang de mon roi », et, tandis qu'elle tendait les bras pour repousser les meurtriers, l'un d'eux les lui trancha et la malheureuse reine ne tarda pas à expirer. Son corps, horriblement mutilé, fut enterré dans le couvent des Cisterciens, à Pilis. Gertrude périssait victime d'une conspira-

1. Szilâgyi, A magyar nemzet tôrténete, t. II, p. 380; Pauler, A rr.agyar nemzet tôrténete, t. II, p. 68.

tion à laquelle la plus grande partie de la noblesse et le pays tout entier étaient restés étrangers * .

La nouvelle en parvint rapidement à André II qui se trouvait à Lelesz, se reposant au milieu de ses troupes des fatigues de la campagne de Halics. Sa douleur fut grande, son courroux violent, mais vite apaisé ; il se hâta de rentrer en Hongrie pour étouffer la révolte qui menaçait d'éclater et il montra une grande sévérité dans la punition de quelques coupables ; d'autres parvinrent à se soustraire au châtiment et se réfugièrent en Pologne, tandis que d'autres encore restèrent dans le pays et continuèrent h remplir de hautes fonctions ;

l. Le drame qui s'était déroulé dans la forêt de Pilis surexcita l'imagination populaire qui, n'en saisissant peutêtre pas bien les causes politiques, en chercha d'autres. On parla d'une injure faite à l'épouse du ban Bâuk par BertliolJ, le frère de la reine. Quelques historiens ont mentionné ce fait comme aulhenlique; cependant, il est important de faire remarquer que des quatorze chroniqueurs qui mentionnent le meurtre de la reine Gerlrude, six seulement parlent d'un attentat et ce sont précisément ceux qui ont écrit à l'époque la plus éloignée du fait qu'ils mentionnent; de plus, ces écrivains ne sont nullement d'accord ni sur les circonstances qu'ils rapportent de façon contradictoire, ni sur le nom de l'époux offensé, ni sur celui de la personne qui aurait perpétré l'attentat, ni même sur l'époque de la mort de la reine (Majklth, Geschichte der Mayyaren, t. I). — J. Katona en traitant ce sujet dans une tragédie intitulée Bânk-Bân, et qui est un des chefs-d'œuvre de l'art dramatique hongrois, s'est appuyé sur la tradition populaire et non sur l'histoire.

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aussi plus tard, le jeune Bêla, héritier présomptif, reprocha-t-il à son père de n'avoir pas vengé la mort de la reine; ce fut l'origine des dissentiments qui éclatèrent entre le roi et son fils ^ Heureux que son fils eût écbappé au massacre, André le fit couronner en 1214.

A ses incontestables facultés intellectuelles, Gcrtrude avait joint un amour vif et profond pour le roi et surtout pour ses enfants, elle le leur avait si bien témoigné qu'ils en étaient pénétrés, et après sa mort, ils ne l'oublièrent pas; en véritables chrétiens, ils songèrent avant tout au salut de son âme et l'on vit le roi faire, en 1214, des dons iraportants au couvent de Lelesz 2^ où il avait fait déposer les débris du corps de la reine que les messagers lui avaient remis en lui apprenant le drame de Pilis. Le premier acte du duc Kâlmân, le second fils d'André II, eh prenant possession du gouvernement de Slavonie, fut de faire don à l'église deTrau de la terre de Drid, près de l'Adriatique, pour assurer des prières à l'âme de sa mère.

Bêla, en 1225, fonda des messes au couvent de Topusko, dans la même intention 3. Deux ans plus tard, il fit don, toujours à l'intention de la reine Gertrude, à l'abbaye Saint-Michel, de l'île de Buda (aujourd'hui île Sainte-Marguerite) et du

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