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Après l'avoir raconté, parlant de Louis et d'Elisabeth

Le cardinal d'Ostie, protecteur de François d'Assise et du Tiers-Ordre qu'il venait de fonder, avait voyagé en Allemagne, de 1207 h 1209 ; il avait élé en relations avec Egbert, archevêque de Baraberg, et aurait ainsi connu la cour de Thuringe, alors l'un des foyers intellectuels de l'Allemagne. Lorsque, plus tard, il entendit parler de la piété de la duchesse de Thuringe, Il s'y intéressa vivement et, dans plusieurs occasions, surtout lorsqu'il fut devenu pape, sous le nom de Grégoire IX, il donna des ti^moignages probants de sa sollicitude à l'égard d'Elisabeth.

Le F. Rodeger, l'un des premiers Franciscains allemands, probablement recommandé par l'évêque Conrad de Hildesheim ^ fut choisi par Elisabeth comme confesseur ; ce fut lui qui l'initia à l'idéal séraphique ; il trouva, il est vrai, un terrain tout jpréparé et dont la culture n'exigea guère d'efforts. ïl fit connaître à sa pénitente l'existence du Tiers- Ordre, Elisabeth en trouva les règles fort sages, puisqu'elles permettaient de mener, dans le monde, une vie plus conforme à la loi évangélique, et elle demanda à son époux, condition essentielle pour être admise, l'autorisation de faire partie de cette

il écrit : « 0 mon Dieu l chère Philotée, que ce prince et cette princesse étaient pauvres en leurs richesses et qu'ils élaientriches en leur pauvreté! » {Introduction à la vie dévote, 111" partie, chap. xv.) 1. Wenck, Die heilige Elisabeth, p. 225.

belle association religieuse. Louis donna la permission demandée, et la duchesse de Thuringe fut la première princesse en Allemagne qui fit partie du Tiers-Ordre ^ Elle en observa certaines règles avec une minutieuse exaclitude, mais fut cependant libérée de quelques obligations que sa situation de princesse, d'épouse et de mère l'eût empêchée de remplir ^.

Malgré ces quelques restrictions, l'exemple que donna Elisabeth n'en fut pas moins efficace et exerça probablement une notable influence sur le développement du Tiers-Ordre en Allemagne. Cette association, dont le but était de faciliter aux personnes obligées de rester dans le monde une vie religieuse conforme à leurs aspirations, recruta ses membres dans toutes les classes de la société et devint une puissance avec laquelle il fallut compter. En s'engageant, comme la règle du Tiers-Ordre l'exigeait, à ne prendre les armes que pour la défense de Dieu et de l'Eglise, bien des chevaliers refusèrent de suivre leurs suzerains dans les combats qu'ils se livraient entre eux et

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