D^ H. Mielke, Die heilige Elisabeth, Hamburg,1891, p, U
a. Z6id.,p. 11.
ENFANCE ET FIANÇAILLES il
beaux aspects ; ils parlèrent de sa puissance, de son iinporlancc dans l'empire, de son grand esprit et aussi de sa générosité et de sa bonté. André II hésita d'abord, puis assembla les grands du royaume en un conseil qui délibéra sur la demande du souverain de la Thuringe et consentit au mariage de la fille du roi avec le fils aîné du landgrave Hermann. Le roi accepta la décision du conseil, mais le consentement de la reine fut plus difficile à obtenir, elle hésitait à se séparer d'une enfant encore si jeune, sa tendresse s'alarmait des dangers que pourrait courir la gracieuse princesse, loin de ses parents. La cour entière partageait ces sentiments, car la petite Elisabeth était chérie de tous; parée des charmes de l'enfance, elle semblait exercer partout et sur tous sa bienfaisante influence; on attribuait à sa naissance la paix et la prospérité qui régnaient dans le pays depuis quelques années; les paroles et le regard dont elle accompagnait ses aumônes la faisaient apparaître aux pauvres comme l'ange de la charité, et un vieux moine, atteint depuis longtemps de cécité, allait raconter jusqu'en Allemagne qu'il avait été guéri de sa terrible infirmité après s'être frotté les yeux avec une pomme donnée par la petite Elisabeth qui y avait déjà mordu, et il ajoutait : « Toute la Hongrie se réjouit de la venue de cette enfant qui a apporté la paix. »
Il devait en coûter au cœur maternel de se
séparer d'une telle enfant et l'on comprendra le soin que mit Gertrude à préparer tout ce que sa tendresse lui suggérait devoir adoucir la séparation; elle réunit ce que l'art de l'Orient avait de plus beau et de plus somptueux, berceau et baignoire en argent, ustensiles en or, bijoux ornés de pierres précieuses, étoffes de soie aux chatoyantes broderies d'or et de pierreries*, et en combla l'enfant; à ces cadeaux, le roi en ajouta d'autres, plus riches et plus nombreux, et l'on cite les six chevaux qu'il destinait à l'usage particulier de sa fille. La dots'élevait à 1.000 marks^ d'argent, somme considérable pour l'époque, et les objets précieux représentaient une valeur de 2.000 marks d'argent.
De grandes fêtes eurent lieu pour célébrer les fiançailles de la fille du roi de Hongrie avec le fils du landgrave de Thuringe ; les réjouissances durèrent plusieurs jours.
Couchée dans un berceau d'argent massif, la petite Elisabeth, accompagnée de quelques Hongrois, fut remise à l'ambassade, non sans des larmes de la part de sa mère et d'instantes recommandations à la nourrice hongroise dont elle connaissait la fidélité.
Au siècle précédent, quand le jeune duc Bêla s'était rendu a Constantinople, pour y succéder