Publié dans les Hist. pol. Blàtler de Municti
3. Dans une intéressanto élude [Hist. polit. Blàtter, Municli, 1908), Sophio Gorres établit que des reliques de la Sainte se trouvent à Vienne, au couvent dos Elisab-tlierinnen qui les ont recueillies après la dispersion des Glarisscs par Joseph H. Leur authenticité est attestée par l'archiduc Maximilien et paf l'archevêque de Vienne.
force, la Réforme s'était développée à Marbourg, malgré la résistance d'une population sincèrement catholique. Les partisans de la Réforme, placés dans toutes les écoles, occupant tous les emplois, opprimèrent les catholiques quand ils ne les persécutèrent pas et lentement étouffèrent le catholicisme dans la ville dont la prospérité était due aux plus belles vertus catholiques. Les générations qui suivirent se trouvèrent sans force pour défendre une foi qu'elles n'avaient pas connue, et ainsi les siècles s'écoulèrent, rejetant, dans un passé toujours plus lointain, le souvenir des grandes manifestations religieuses dont Marbourg avait été le lieu. Mais les choses éternelles ne peuvent périr, elles ont une force infrangible, et, malgré tous les efforts des hommes, la foi ne pouvait disparaître à jamais de Marbourg.
Il suffit d'un professeur à l'esprit libéral pour l'y faire rétablir, et, par une « concession » du landgrave Guillaume IX, du 21 décembre 1787, la formation d'une communauté catholique fut autorisée; bientôt il fallut compter avec elle.
Les meurtrières batailles d'Abensberg et d'Eckmûhl avaient donné à Napoléon I®»" une victoire lui permettant de dicter ses volontés à l'Allemagne. Il prononça la dissolution de l'Ordre teutonique et attribua ses biens aux princes de l'Etat. L'hôpital fondé par sainte Elisabeth, à Marbourg, et que les chevaliers de l'Ordre teutonique avaient adminis-
tré, était alors l'un des plus florissants de l'Allemagne, il fut attribue à l'Etat.
L'église Suinte-Elisabeth, en vertu du décret de Napoléon I", devint la propriété du roi de Westphalie. En 1809, la communauté catholique adressa une "equête pour rentrer en possession de l'église. Sur 'ordre du ministre de l'Intérieur, le préfet du déparîment de la Werra fit un rapport concluant à introduction du < Simultaneum >, attribuant aux itholiques le chœur et aux protestants, la nef, ndis que l'orgue et les cloches restaient en comun. Un arrêté préfectoral fixa la prise de posses- )n au 31 mai 181 i, et le 2 juin, fête de la Pentecôte, le premier office fut célébré dans l'égiise Sainte-Elisabeth partiellement reconquise *.
{. Une c décision » du roi Jérôme, en date du 30 noTembre 1810, disait : c Art. i. L'église de Sainte-Elisabeth, à » Marbourg qui formait ci-devant une propriété particulière » de l'Ordre teutonique, est cédée à la Communion catho- » lique et à la Communion luthérienne de la dite ville, de » manière que la première ait le Chœur avec ses dépen- > dances, et l'autre la Nef qui en est séparée par des balus- » trades et que l'Orgue reste commun à l'exercice des deux » cultes. »
Un arrêté préfectoral, du 28 mai 18H réglait tous les détails du partage : les catholiques devaient avoir terminé leurs offices à 10 heures du matin, etc. Les protestants acceptèrent le fait accompli avec une remarquable indifférence. Aussi, dès que le curé L. van Ess eut organisé les offices, demanda-t-il qu'ils pussent être prolongés jusqu'à midi et que les catholiques pussent entrer par le grand portail. Il n'obtint gain de cause que sur ce dernier point. (C. Mirbt, Der Kampf um die Elisabethkirche in Marburg. Leipzig, 1912.)
Le « Simultaneum » survécut à la présence des Français; cependant, dès le i2 décembre 1813, le prince de Gassel avait voulu rétablir l'ancien état de choses. Les catholiques s'y opposèrent, les protestants eux-mêmes déclarèrent que la présence des catholiques ne les troublait pas, et qu'au contraire, ils écoutaient avec profit et intérêt les sermons du curé. Néanmoins, le 3 septembre 1823,1e ministre de l'Intérieur ordonnait la mise en état de la Kugelkirche pour les catholiques, et malgré toutes les protestations, le dernier délai accordé fut fixé au 31 décembre 1827. Le lendemain, le premier office était célébré dans la Kugeikirche, dédiée à saint Jean l'Evangéliste. Depuis lors, la communauté catholique se réunit dans cette église oi^, en 1900, un autel a été érigé en l'honneur de sainte Elisabeth».
Avant d'entreprendre la restauration de l'église Saint-Jean et l'érection de l'autel en l'honneur de sainte Elisabeth, la communauté catholique de Marbourg avait essayé de lutter encore pour rentrer en possession de l'église Sainte-Elisabeth ; guidée par son énergique curé, le D' Weber, qui fit preuve d'autant d'intelligence que de courage, la communauté avait, en 1892, fait valoir ses droits sur la possession du chœur et des locaux y attenant. Le ministre des cultes, après exaqaen,