‹ Sainte GenevièveChapitre 13 sur 36 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

Après tout ce qui s*était passé à Nanterre, Geneviève n'avait plus aucune opposition à craindre de la 'part de ses parents. Aussi, dès qu'elle eut dépassé Tâge de Tenfance, songea-t-elle à faire sa consécration définitive au Seigneur.

Un grand exemple venait d'ailleurs d'être proposé aux vierges chrétiennes dans la personne de l'auguste Marie, dont le concile d'Éphèse proclama, en 43i, la virginité et la maternité divine. Le monde catholique applaudit à cette glorieuse définition. La joie universelle dut avoir son écho jusque dans la petite église de Nanterre et Geneviève n'en ressentit que plus d'impatience à suivre, au moins de loin, les traces de la Reine des Vierges.

Celles qui aspiraient à l'honneur de se consacrer au Christ avaient alors à passer par deux degrés successifs. Elles faisaient d'abord une simple promesse de n'appartenir qu'à lui, commençaient à

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s'exercer aux vertus de leur futur étal et dès lors étaient « vouées à Dieu ». Le temps qui s'écoulait jusqu'à leur consécration définitive constituait une sorte de noviciat préparatoire à la vie religieuse.

Nous avons vu la petite Geneviève « vouée à Dieu » par saint Germain, à un âge encore très tendre, par suite d'un dessein manifeste de la Providence. Les recommandations que l'évêque fit à l'enfant sur le genre de vie qu'elle devait mener désormais, sur la fréquentation plus assidue de l'église et sur le renoncement aux parures et aux plaisirs du monde, ne sont que le résumé des règles imposées aux jeunes filles qui se sentaient appelées à la virginité.

Quand ce noviciat était terminé et que la vierge présentait les garanties suffisantes de fidélité, on l'admettait à la consécration définitive. D'après un concile d'Hippone de SgS, cette consécration ne pouvait se faire qu'à la vingt-cinquième année. L'usage ne devait pas différer beaucoup à Rome et en Gaule. Cependant on y dérogeait parfois pour de graves raisons. Un concile de Carthage de 4i8 avait même prévu les conditions dans lesquelles on pouvait devancer l'âge ordinairement requis. D'ailleurs, le grand Ambroise était d'avis qu'en pa^^eil cas la qualité des mœurs importait beaucoup plus que le nombre des années. « Que le prêtre tienne

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compte des années, sans doute, écrivait- îl*, mais des années de foi et de pureté. Qu'il regarde à la maturité de la modestie, qu'il examine si la gravité de la vierge est ancienne, si sa bonne conduite date de loin, si son innocence remonte au premier jour, si la chasteté est dans son cœur, si la garde maternelle a donné toute confiance, si la fréquentation des compagnes a été modérée. Ces conditions remplies, on peut dire que la vierge est d'âge assez avancé. »

L'évêque avait seul pleins pouvoirs pour admettre les vierges à la profession. C'était ordinairement un jour de fête solennelle qu'il procédait à leur consé* cration, afin que tout le peuple fut témoin de leurs engagements. A partir de ce jour, la vierge devenait « consacrée à Dieu ».

On n'attendit pas que Geneviève eût vingt-cinq ans pour lui imposer le voile. Sa vocation avait eu trop d'éclat, sa vie a\ait été trop exemplaire pour qu'on ne se hâtât pas de consacrer au Seigneur celle qu'il s'était choisie. D'une remarque du biographe, qui date de sa quinzième année le commencement de ses héroïques mortifications, on conclut que Geneviève avait à peu près cet âge quand elle se présenta devant l'évêque*. Deux compagnes plus âgées

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