Duchesne, Origines du culte chrétien, p, 4io-4k
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Le voile était la seule marque extérieure de la consécration des \ierges. Il n'avait d'ailleurs que fort peu d'ampleur et ne consistait parfois qu'en une bandelette de laine enroulée autour de la tête, si bien que saint Optât de Milève lui donne le nom de « mitre ». Saint Jérôme* l'appelle flammeum^ voile d'un rouge vif; ailleurs il le suppose violet. La couleur et la forme importaient donc peu. Le voile de Geneviève dut avoir la même simplicité que ses rustiques vêtements. Conformément a la coutume des vierges de la Gaule, elle conserva sa chevelure.
Au IV* siècle, des monastères de femmes existaient déjà à Rome et à Milan. Sainte Paule en avait bâti un à Bethléem pour y recevoir les femmes et les vierges qui s'exilaient de Rome. Au siècle sui«? vant, les monastères commencèrent h apparaître en Gaule, mais seulement à l'état d'exceptions. La plupan des viei^es consacrées au Seigneur vivaient encore au milieu du monde, dans leur famille, strictement astreintes à leur vœu de chasteté, mais gardant la libre disposition de leurs biens, et n'ayant pas de supérieures pour leur commander. Plus tard on ne conçut la religieuse que cloîtrée, vivant en communauté, complètement séquestrée du monde et liée par les trois vœux de chasteté, d'obéissance et de pauvreté. La vierge gauloise du v® siècle se
l« Lettre à Démitriade^ cxxx, a
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rapprochait davantage du type, rêvé par saînt François de Sales et réalisé par saint Vincent de Paul, de la vierge plus libre dans ses allures et joignant aux vertus religieuses les pratiques extérieures du zèle et de la charité.
Celles qui se vouaient à ce genre de vie étaient considérées comme Thonneur de l'Église. Aussi, loin de les cacher derrière des murs et des grilles, on aimait à les montrer dans l'assemblée des fidèles^ Qn leur assignait des places particulières, on faisait mention d'elles après les clercs dans les prières publiques et on leur prodiguait les marques de respect. Leur devoir principal était la persévérance dans cette glorieuse virginité qui faisait d'elles les épouses du Christ. Lesautresobligationschrétiennesleurétaient communes avec le reste des fidèles; seulement on exigeait des vierges une vie plus retirée du monde, une austérité plus soutenue, un renoncement plus complet aux jouissances même légitimes, en un mot, une pratique plus parfaite des vertus évangéliques.
Ces obligations n'étaient pas encore codifiées sous forme de règle religieuse. Mais les écrivains ecclésiastiques n'avaient pas laissé ignorer aux vierges la perfection que l'Église attendait d'elles. Le grand évéque de Milan, saint Ambroise, qui mourut vingtcinq ans seulement avant la naissance de Geneviève, avait écrit sur la virginité des traités qu'on lisait dans les Gaules. Il s'y faisait une haute idée de la
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vierge du Christ. « Que la modestie, j disait-il, que la sobriété, la retenue servent de lien à la chevelure de la viei^e sacrée, afin qu'escortée du cortège des vertus, couronnée par le voile empourpré (lu sang du Seigneur, elle porte partout en son cœur la mortification du Seigneur Jésus. Qu'elle trouve le Jésus qu'elle aime, qu'elle le garde et ne le laisse pas échapper, jusqu'à ce qu'elle reçoive Jes salutaires blessures de l'amour. Toujours en alerte, la nuit et le jour, qu'elle veille de toute son âme, afin que le Verbe ne la trouve jamais endormie. Que la simplicité soit dans son cœur, la réserve dans ses pa^rôles. Qu'elle garde la modestie envers tous, la piété à l'égard de ses proches, la miséricorde vis-a-vîs des indigents et des pauvres. Qu'elle s'attache au bien et s'abstienne de tout ce qui a l'apparence du mal. Qu'en tous ses sentiments et en tous ses actes paraisse le Christ, qu^elle cherche à imiter le Christ, qu'elle soit l'image du Christ*. »
Cet idéal de la vie virginale, le docteur, toujours si positif en même temps que si élevé, ne le cherchait pas dans son imagination. Pour lui, la vierge par excellence, celle qui réalise concrètement la perfection créée, c'est la Vierge Marie. En elle, il voit la vierge telle qu'il la désire et il la décrit avec un minutieux détail.