Saint Marc, xti
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premier venu. Aussi, pour commander en son nom à la nature, Dieu choisit-il ceux qui ont su d'abord se commander héroïquement à eux-mêmes. Le miracle est alors aisément reconnu comme le bienfait d^une puissance souverainement sage, bonne, discrète, qui n'intervient que dans la mesure où l'exige le bien de l'humanité, et qui choisit ses instruments dans ce que cette humanité a de plus humble, mais aussi de meilleur et de plus pur.
Ainsi Geneviève enfant guérit miraculeusement sa mère; mais le miracle a été précédé par la généreuse offrande que la petite fille a faite d'elle-même au Seigneur. A trente-neuf ans, elle devient la libératrice de Paris; mais il y a quatorze ans qu'elle donne à la cité le spectacle des plus héroïques renoncements. Dans la suite de sa longue vie, elle accomplira encore des mei-veilles ; mais sa sainteté sera telle que, pour les esprits réfléchis, cette sainteté restera encore comme le plus grand et le plus admirable de tous ses miracles, tant la Providence aura établi une parfaite harmonie entre la perfection de l'instrument et la nature des œuvres auxquelles elle l'emploie.
Il nous reste à nous demander pourquoi cette fréquence du miracle dans les temps éloignés de nous, et sa rareté relative dans le nôtre. C'est que le miracle a par lui-même une valeur probante dont Dieu se sert pour accréditer un homme ou une doctrine.
Le Sauveur opère des miracles pour prouver à la fois sa qualité de Fils de Dieu et la divinité de son enseignement. Les premiers prédicateurs de TÉvangile font des miracles, parce que le miracle est la preuve la plus saisissante et la plus populaire de la divinité d'une doctrine. C'est pourquoi saint Grégoire le Grand observe très justement que c les miracles ont été nécessaires dans les débuts de l'Eglise. Pour que la foi pût grandir, elle avait besoin d'être alimentée par des miracles. Nous-mêmes, quand nous plantons des arbustes, ne leur versons-nous pas deTeau jusqu'à ce que nous voyions qu'ils ont bien pris dans le sol ? Quand ils ont fixé leurs racines, nous cessons de les arroser* ». 11 fallait donc des miracles pour faire accepter la foi aux peuples païens et pour raffermir dans l'âme des nouveaux convertis. Pour nous, venus bien des siècles après la propagation de TÉvangile, nous avons sous les yeux le grand miracle de rÉglise de Jésus-Christ se perpétuant malgré toutes les oppositions humaines et attestant par là même sa divine origine. De plus, outre les faits surnaturels des anciens temps , dont l'histoire nous transmet le récit, nous voyons se reproduire de temps en temps parmi nous des faits de même ordre, nous permettant de conclure à la permanence de la puissance surhumaine à travers le monde actuel.