AU SECOND SIÈCLE
prises ( 1 1 6- 1 Sa), ceux-ci se soulèvent contre Rome ; et le zèle de leurs missionnaires vise de plus en plus les Païens. De là, la physionomie que présente la vie chrétienne de ce temps. En rompant avec le paganisme, on ne rompt pas avec tous les entrainements d'une nature déchue ; les péchés de la chair, le doute, minent la vie dans les âmes; les chrétientés commencent de compter dans leur sein d'assez nombreux coupables, des homicides, des adultères, des apostats. Que faut-il en faire ? Leur crime peut-il être effacé par la pénitence ? Voilà le problème qu'agite, et résoud par l'affirmative*, le Pasteur d'Hermas (vers i5o). — La naissance de la philosophie chrétienne est aussi caractéristique de cette époque que l'importance prise par les questions morales; parmi les recrues de l'Église, il s'en trouve qui sont philosophes. Les « Apologistes », saint Justin entre autres (f vers i64), conçoivent et présentent le Christianisme comme la philosophie la plus haute et la plus certaine, et aussi, comme la Religion universelle et absolue; le contenu philosophique de la religion chrétienne se retrouve dans cette autre révélation qui est manifestée par la raison naturelle et la liberté de l'homme; si le Verbe s'est pleinement épanoui dans le Christ, le monde ancien, de tout temps, en a possédé la semence ; c'était l'aurore avant le grand jour de
I . On ne peut faire pénitence qu'une fois : les fornicateurs, les homicides et les apostats sont peut-être exclus de la pénitence*
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