SAINT PAUL
par écrit leurs enseignements : ainsi saint Marc rédige les souvenirs de saint Pierre, saint Luc les souvenirs de saint Paul, saint Matthieu écrit en araméen les discours du Seigneur. — Mais cette fois encore les Juifs menacent le Christianisme. Ce n'est pas qu'ils veuillent ou puissent Tétouffer; beaucoup se sont convertis à l'Évangile. Ils voient avec horreur et terreur que le diacre Philippe et Pierre et Barnabe et Paul prêchent les Samaritains et les Grecs ; dans leur amour pour Jésus survit leur haine pour les nations. C'est l'œuvre de Paul de ruiner leurs efforts et de les empêcher d'accaparer l'œuvre de Jésus-Christ. Le privilège juif est aboli* ; plus de sabbat ni de circoncision, plus de fêtes ni d'observances juives ; liberté pour tous, Grecs compris, dans le Christ Jésus. Le salut n'est pas assuré par la loi de Moïse, mais par la foi en Jésus ; à tous les hommes, la vie est apportée par Jésus, comme la mort leur a été apportée à tous par Adam ; Jésus est mort pour nous sur la croix, il a payé notre dette; par le baptême nous participons à sa mort, par le baptême nous sommes ensevelis avec lui, afin que, comme il est ressuscité des morts et que cette résurrection l'a sacré Christ, ainsi nous aussi ressuscitions et vivions d'une vie nouvelle. La vie pour l'homme, c'est de participer à la vie de Jésus, à sa- mort, à sa résurrection; le chrétien est et doit être un autre Christ.
I. La ruine de Jérusalem, prise par les Romains en 70, apparaît aux chrétiens comme un jugement de Dieu.
Les clirétiens élargissent donc le Judaïsme, s'ils le continuent; le nouvel Israël peut donc prolonger Tancien en poussant ses racines en pleine terre païenne; et, de fait, on voit l'Eglise se développer lentement chez les Romains et chez les Grecs. A Rome, avant la fin du premier siècle, elle gagne deux familles illustres, les Acilii Glabriones et les Flavii Clémentes: le consul Glabrion, collègue de Trajan en 91, et sa femme Priscille accueillent leurs frères plus humbles dans les villas qu'ils possèdent sur la voie d'Ostie, ou sur le Pincio, surtout dans le grand domaine qu'ils ont sur la voie Salaria ; le neveu de l'empereur Vespasien, Titus Flavius Clemens et sa femme Flavia Domitilla ouvrent, avec la même générosité, leur domaine de la voie Ardéatine; les uns et les autres appuient de leur influence et de leurs richesses l'un des plus illustres disciples de saint Pierre, saint Clément (-{- vers 98). Ephèse, où survit le vieil apôtre Jean, les villes d'Asie Mineure, Antioche enfin, dont saint Ignace dirige l'ardente église, sont des centres chrétiens plus importants encore et où les « Gentils » tiennent la plus grande place.
Au cours du second siècle, la même situation se développe ; la construction d'une cité païenne (iElia Capitolina) sur les ruines de Jérusalem semble attester du reste que la mort du Judaïsme est définitive ; il n'est donc pas vraisemblable que les chrétiens oublient les enseignements de saint Paul. Ils refusent de soutenir les Juifs lorsque, à deuxre'»
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