‹ Sainte IrénéeChapitre 11 sur 174 · LES MARTYRS · texte numérisé non relu

LES MARTYRS

l'Incarnation *. — Enfin les vieilles traditions apocalyptiques des Juifs et les jeunes traditions eschatologiques des Chrétiens s'exaspèrent également parce que beaucoup de Chrétiens grecs tendent à les oublier. L'attente du Roi-Messie qui domptera les nations se combine avec l'espérance qui soutenait les amis de Jésus : ce nouvel Israël qu'est l'Église attend avec une impatience chaque jour accrue le retour triomphant du Christ et l'avènement de la Jérusalem céleste. En Orient, la fermentation des âmes est si ardente qu'un prophète surgit; il annonce que les temps sont révolus, que Jésus arrive : le Montanisme éclate.

L'Empire radieux ne sait rien de l'humble Église : à peine en connaît-il l'existence. Lorsqu'un inconnu écrit a Diognète pour lui faire connaître « la religion des chrétiens », ou lorsque Aristide s'adresse à l'empereur Antonin pour lui montrer que les chrétiens seuls possèdent la vraie idée de Dieu, altérée par les Barbares, les Juifs et les Grecs; lorsque saint Justin veut convaincre Antonin et Marc-Aurèle que les chrétiens ne sont pas athées, impudiques et cannibales, le vague et l'imprécision de leur exposé, comme aussi l'étrangeté des accusations qu'ils repoussent, attestent

Page 1