‹ Sainte IrénéeChapitre 115 sur 174 · L'ŒUVRE DU VERBE · texte numérisé non relu

L'ŒUVRE DU VERBE

pourquoi saint Jean assure que ceux qui croient en lui ont le pouvoir de devenir enfants de Dieu*. Dieu ne voit plus dans l'homme qu'un ami qu'il aime par-dessus tout et associe librement a ses desseins : il lui donne, par amitié, comme autrefois à Abraham, l'immortalité et la vie*. Tous ceux qui croient au Verbe incarné et font le bien et se renient eux-mêmes et suivent le Christ, renaissent spirituellement et deviennent les fils de Dieu et obtiennent l'héritage du royaume des cieux.

Irénée précise sa pensée : il semble que, pour lui, l'adoption déificatrice de l'homme par Dieu s'accomplit suivant un double mode ou du moins entraîne deux conséquences. D'abord, l'homme recouvre la ressemblance dwine^. Dans le passé, avant le Christ, on disait que l'homme avait été fait à V image de Dieu : Dieu l'avait modelé de ses mains et, dans sa bonté, il avait fait qu'il fût semblable à son Verbe, il voulait qu'il lui ressemblât. Mais l'homme avait effacé « les marques de ses doigts 3), il avait péché et perdu la ressemblance divine ; le Verbe n'avait pas encore paru sur terre et révélé le modèle d'après lequel l'homme avait été fait : on ne voyait donc pas que l'homme fût à l'image de Dieu. Au contraire, quand le Verbe s'est

a. IV, i3, 4 (1009-1010),

3. V, 16, 2 (1167-1168). V, I, I (liai), IV, 38, 4 (1109) et 39, i-a (iiio).

Page 1