‹ Sainte IrénéeChapitre 117 sur 174 · LA GRÂCE · texte numérisé non relu

LA GRÂCE

naturelle qu'il a reçue tour à tour en Adam lors de la création, en Jésus lors de la descente sur lui de TEsprit-Saint. L'Esprit apporte à Thomme quelque chose de Dieu; il le perfectionne, il le prépare à la vie éternelle et incorruptible, il l'habitue peu à peu à recevoir et à porter Dieu : c'est pourquoi l'Apôtre dit de lui qu'il est le gage de notre héritage divin [Eph., I, i4] et que c'est en lui que nous crions « Abba, Père » [Rom., VIII, i5]. Grâce à l'Esprit, l'homme peut, dès cette vie mortelle, commencer de vivre la vie éternelle.

Comment s'opère, pratiquement, cette restauration de l'homme en Dieu dont Irénée nous montre le triple aspect? C'est ce que nous apprennent ses théories de la grâce, de l'Église et de l'Eucharistie.

La doctrine juive de l'absolue' maîtrise de Dieu sur le monde qui apparaît dans les enseignements de Jésus et qu'expriment avec tant de force saint Paul et saint Jean guide toujours saint Irénée ; son bon sens l'avertit d'ailleurs que la vie de Dieu ne peut être donnée à l'homme que par Dieu lui-même. < C'est Dieu^, dit-il, qui donne à l'homme mortel l'immortalité, à l'homme corruptible l'incorruptibilité ; aussi ne devons-nous pas croire que c'est de nous-mêmes que nous avons la vie, poussés par un

I. V, 2, 3 (1127.1128). — Cf. V, 21, 3 (ii8a, B, C) : ut experimento discat homo, quoniam non a semet ipso, sed donatione Dei accipit incorruptelam.

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