NOTRE CONNAISSANCE DE DIEU
— Ainsi en est-il de sa théorie de Dieu et de sa théorie de Thomme — Dieu et l'homme, ces deux termes si mystérieusement unis dans le Christ!
Les sources de notre connaissance de Dieu sont au nombre de trois*: la création révèle le Créateur; la tradition du premier homme affirme sa réalité; renseignement des Prophètes rappelle son souvenir. Aussi tous les hommes s'accordent-ils à reconnaître son existence. — On s'aperçoit du reste que, pour saint Irénée, cette existence semble être moins la conclusion d'un raisonnement, que le terme d'une intuition, ou mieux encore, la constatation d'un fait. Dieu est : c'est un fait qu'il tient de son église, de saint Jean, des Apôtres, de Dieu lui-même.
L'idée de l'unité de Dieu est, pour Irénée, connexe de l'idée de son existence : l'homme apprend du même coup comme de la même manière, et que Dieu est, et que Dieu est un. On a vu ailleurs* quelles objections adresse Irénée à ceux qui l'oublient.
Qu'est-ce que Dieu? « Ses mystères sont inénarrables ]> ; il y a des choses, le jour du jugement par
I. II, 9, I (734, A) et IIÏ, aS, i (968, A B). a. Cf. supra, page 83-93.
dbyGoogk
IJi. NATURE DE DIEU. 153
exemple, qu'ignorait le Fils lui-même*. Dieu est ineffable comme il est invisible'; il est tellement élevé au-dessus de la créature que son être infini est profondément mystérieux pour l'homme. « Ton créateur est indéterminable » pour toi'.
Néanmoins l'homme peut dire ce qui caractérise Dieu : c'est ce qui le distingue de lui. « Dieu n'a pas été fait par un autre, il est sans commencement, il n'aura pas de fin, il n'a besoin de rien ni de personne, il se suffit à lui-même* » : Dieu est cause de soi, Dieu est Tabsolu, Dieu est l'infini.
Comme tel. Dieu est tout pensée, tout Verbe ^. Dieu est immuable^ : les Écritures nous l'affirment. Dieu est maître absolu de toutes choses^ : c'est encore les Ecritures qui nous le montrent; la ruine de Jérusalem ne prouve rien contre ; elle était voulue de Dieu®.
Dieu prévoit l'avenir^. Dieu gouverne toutes
'. I. II, a8, 6 (808-809). IV, 20, I (io32).
a. IV, ao, 6 (1037, A) : « qualîs et quautusest, invisibilis et inenarrabilisest», et : « secundum magnitudinem non est cognoscere Deum ; impossibile est enim mensurari Patrem. » (io32, A).