LES MARTYRS DE LYON
Quadratus lui dit : «Jure et je te renvoie; insulte le Christ. » — Polycarpe répond : « Il y a quatrevingt-six ans que je le sers et il ne m*a jamais fait de mal : comment pourrais-je insulter mon Roi et mon Sauveur? » Finalement il fut égorgé et brûlé*.
A Lyon, vers la fin du règne de Marc-Aurèle, les haines populaires sont plus violentes encore. On défend aux chrétiens de paraître aux bains publics; on les insulte dans la rue, on leur jette des pierres; on pille leurs biens. Un jour, on arrête quelquesuns d'entre eux ; le tribun et les magistrats de la cité, entourés d'une foule immense, les conduisent au Forum ; ils reconnaissent qu'ils sont chrétiens. Lorsque revient le légat impérial, seul armé du droit de vie et de mort, les interrogatoires commencent : aux premiers rangs du public, les chrétiens qui n'ont pas été saisis suivent, anxieux, le procès de leurs frères. Lorsque Vettius Epagathus demande à plaider pour eux, le légat ordonne son arrestation.
Bientôt commence l'épreuve des combattants.
Les premiers martyrs, ardents et bien préparés, confessent la foi avec une belle vaillance; mais quelques autres faiblissent; et tous les chrétiens, muets d'anxiété, attendent l'issue des interrogatoires, redoutant les tortures moins que les apostasies. La fureur du peuple, du proconsul et des soldats s'acharne surtout sur Sanctus, diacre de