‹ Sainte IrénéeChapitre 138 sur 174 · I/HOMME · texte numérisé non relu

I/HOMME

Dieu n'a besoin de rien, Thomme a besoin de Dieu* ; comme c'est le propre de Dieu de faire et de donner, c'est le propre de l'homme d'être fait et de recevoir ; l'homme, en un mot, est une créature, tandis que Dieu est le Créateur. — Mais, parce qu'il a été fait par Dieu et pétri par ses mains, l'homme est une image de Dieu, l'homme est son fils*; et c'est pourquoi, sans doute, il a reçu royauté sur l'univers. < L'homme est un mélange d'âme et de chair, homo est temperatio animae et carnis^ » : son corps a été formé par les mains de Dieu du limon de la terre; son àme est née du souffle de Dieu, soui&ant sur l'argile qu'il avait pétrie. L'âme est supérieure

I. IV, i4, I (loio) : « In quantum Deus nuUius indigens, in tantum Deus indiget Dei communione » ; II, iS (797- 799), et II, 34» 3 (836); IV, 11, a (looa) : a Hoc Deus ab homine differt quoniam Deus quidem facit, homo autem fit )>; et V, a, i (iia4) et a, 3 (1137).

a. Cf. supra, et IV, 4if a (iii5) : <c Secundum naturam quae est secundum conditionem, ut ita dicam, omnes filii Dei sumus, propter quod a Deo omnes facti sumus. »

3. IV, préface, 4 (97^); V, i, 3 (iia3). — Au moment où écrit Irénée^ les idées relatives à Tâme sont extrêmement confuses. Si TAncien Testament distingue Tume du corps, il ne donne pas d'idées nettes sur la spiritualité ni sur l'unité de l'âme : les idées des Hébreux ont notablement et heureusement progressé au cours des temps. Les Grecs ne sont pas davantage au clair sur cette question : les théories de Platon et d'Aristote, d'Épicure et de Zenon l'attestent. Parmi les chrétiens, Athénagore insiste sur l'unité du composé humain et sur l'immortalité de l'âme ; seul, saint Justin indique avec quelque netteté déjà que l'âme est spirituelle et qu'elle est identique au principe vital et au principe pensant.

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