‹ Sainte IrénéeChapitre 139 sur 174 · NATURE ET ORIGINE · texte numérisé non relu

NATURE ET ORIGINE

au corps, elle Fanime et le meut*, elle est le véritable principe de vie; mais, tandis que le corps est destiné à se dissoudre, Tâme est immortelle.

L'âme séparée du corps garde l'empreinte [caracter) du corps auquel elle a été unie ; elle se souvient de tout ce qu'elle a fait sur cette terre : l'histoire de Lazare et du riche, telle qu'elle est racontée par saint Luc (xvi, ip-Si), l'indique avec netteté. On demandera peut-être comment une chose qui a commencé peut ne pas finir; c'est la volonté de Dieu qui la fait persévérer et durer à travers l'étendue des siècles. Si Dieu a la puissance d'associer un corps animal à la vie d'une âme qui participe elle-même à la vie de Dieu, sans doute aussi a-t-il le pouvoir de gratifier l'âme de l'immortalité ; c'est lui qui est la source de l'être ; comme il le procure â l'origine, il continue de le procurer à travers le temps. Et puis, son pouvoir s'étend sur tout, sa volonté est maîtresse de tout*.

Quelle est l'origine de cette âme immortelle ? Il semble que ce soit, pour Irénée, une création

i. II, 33, 4 (833).

1. II, 34 (834-837). Il semble que, pour Irënëe, rame soit un corps fluide, de substance infiniment ténue : c'est ainsi qu'elle garde l'empreinte du corps, comme l'eau glacëe garde la forme du vase où elle a gelé (774); c'est ainsi qu'elle conserve la figure de l'homme et peut être reconnue (835); l'âme n'est incorporelle que par rapport au corps, quantum ad comparationem mortalium corporum (i 140). Tertullien accentuera encore cette idée de la corporéité de l'âme : Cf. le de anima, passim.

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