‹ Sainte IrénéeChapitre 142 sur 174 · LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ

Saint Irénée n^établlt pas avec moins de force et moins de netteté la réalité du libre arbitre que le dualisme du composé humain : « L'homme a été fait raisonnable, et par là semblable à Dieu, libre de son choix et son propre maître : il est à lui-même sa propre cause de sorte que, tantôt il devient le froment (qu'amassera le Seigneur dans ses greniers) et tantôt il devient la paille (qui brûlera au feu éternel). Ce sera donc avec justice qu'il sera condamné : doué de raison, il a perdu la vraie raison, et, menant sa vie en dépit de la raison, il s'est opposé à la justice de Dieu, se livrant à l'esprit terrestre et s'asservissant à toutes les voluptés ^ » Plus nettement encore, il dit ailleurs : « (Dieu) a placé dans l'homme un pouvoir d'élection, aussi bien que dans les anges*. » L'homme est donc libre, et sa destinée éternelle dépend de l'usage qu'il fait de sa liberté.

La réalité du libre-arbitre est impliquée par les

Tatîen incline rers la théorie gnostique dans son Ilpàç ^EXX^vaç (Puech : Recherches ..., p. 66); Justin, au contraire, prépare Irénée. Comme Irénée, Justin pense que l'âme est immortelle, non par sa nature, mais par la volonté de Dieu (Dialogue contre T^yphon^ VI. — P. G. 6, 488-489; que les damnés souffrent dans leur âme et dans leur corps (Apol. I, 8, — P. G. 6, 337) ; que Tâme et le corps composent rhomme, que le principe vital et le principe pensant sont identiques. (Si le traité de la résurrection n'est pas de saint Justin, il est sans doute l'œuvre d'un de ses contemporains.) Mais on ne peut pas dire s'il y a dépendance littéraire entre les deux auteurs, ou s'ils reproduisent tous deux également une doctrine commune élaborée par un autre.

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