MITHRIACISME ET MO-PLATONISME
Gnosticisme lui-même perd sensiblement du terrain. Non qu'il disparaisse tout à fait comme on le dit trop souvent : la Pistis Sophia et les Iwres de Jeu, le Ttpoç Toùç •j'vw(mxoùç de Plotin, enfin certains passages de saint Epiphane attestent la survie de Tactivité religieuse des Gnostiques au milieu du iii^ et même du iv^ siècle. Mais si le Gnosticisme est vivant, il n'occupe plus le devant de la scène; c'est le Mithriacisme, ce sont les cultes orientaux, c'est surtout le Néo-Platonisme qui disputent les âmes au Christianisme. C'est au temps de Commode (180-192) que commence de s'épanouir le Mithriacisme en Occident : apporté par les soldats, les fonctionnaires et les marchands, ouvertement favorisé par les empereurs, le Mithriacisme se propage avec rapidité durant tout le troisième siècle en Mésie, en Pannonie, en Rhétîe, en Germanie, en Belgique, en Bretagne, en Afrique, en Espagne, dans la vallée du Rhône, en Italie et en Norique. C'est au temps d'Alexandre Sévère (-|- 235) que le culte d'Isis, qu'il protège spécialement, atteint sa plus grande extension ; il est très répandu en Italie, en Afrique, en Espagne, en Gaule, en Helvétie, en Germanie, en Norique, en Pannonie, en Dalmatie, en Grèce comme en Asie Mineure et en Egypte.
Mais si les progrès de ces cultes arrachent les foules aux influences gnostiques, le Néo- Platonisme leur dérobe l'élite. Le Néo-Platonisme est cette philosophie religieuse qui, seule au m® et au iv® siècle, dispute efficacement les esprits au Christianisme.