CLÉMENT D'ALEXANDRIE
prestige et raillent ceux qui en ont peur*. Bien qu'ils admettent Tégalité foncière de tous les chrétiens que le baptême a régénérés, ils distinguent, en fait) des chrétiens parfaits les petits enfants, vy^Tuioty qui n'ont pas su faire fructifier par la pensée et Tétude le don divin qu'ils ont reçu : le Christ est pour eux le Révélateur très bon, plutôt que le Rédempteur qui rachète et donne Dieu. L'Incarnation n'est plus le centre de leur pensée, comme elle est le centre de la pensée d'Irénée*.
1. Clëment écrit quelque part [VI. Strom. gS] : ce II y a des personnes qui font cette objection : A quoi sert de savoir les causes qui expliquent le mouYement du soleil ou des autres astres ou d*avoir étudié la géométrie, la dialectique ou les autres sciences? » (De Faje : Clément d'Alexandrie^ p. 127). Ne vise-t-il pas saint Irénée qui ne croit pas qu'on puisse « donner la cause des crues du Nil », et c( du flux de l'Océan » [II, a8, a (8o5)], et qui prêche le respect du mystère. Cf. supra, p. 98-100.
2. C'est ce que leur reproche, à la fin du ni* siècle, un. ardent disciple de saint Irénée, mort peut-être martyr, saint Méthode, évêque d'Olympe. Pas plus qu'Irénée, il n'est un ennemi de Platon et de la philosophie; il attaque néanmoins Orlgène^, parce qu'il veut que la spéculation se tienne plus près de la règle de foi; parce qu'il veut une foi unique, ï, la fois ecclésiastique et scientifique, la même pour les foules et pour l'élite; parce qu'Origène méprise le corps, créature de Dieu, pourtant, et qui. aura part à l'incorruptibilité et à la vie éternelle ; parce qu'il ne met pas au premier plan, enfin, la doctrine du second Adam. Cf., Bonwetsch : Die Théologie des Methodius von Olympus [Berlin. Weidmann, 1903].
* Origène est pourtant beaucoup plus prèji d'Irénée que Clément d'Alexandrie.
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