‹ Sainte IrénéeChapitre 158 sur 174 · ATHANASE · texte numérisé non relu

ATHANASE

Cette phase du développement de la pensée chrétienne fut sans doute salutaire parce que cette pensée put alors s'imprégner d'Hellénisme et que, par là, rhéritage de THellénisme fut assuré au Christianisme. Il fallait seulement qu'un second Irénée parût qui raffermît sur son centre cette pensée enrichie, et un peu embarrassée de ses richesses nouvelles : le second Irénée fut Âthanase. Avec saint Athanase (•j-373), Jésus-Christ Homme-Dieu redevient le centre auquel se rapportent les grandes lignes de la religion chrétienne : la Trinité, la création, la chute. Il ne se lasse pas de montrer aux Ariens que la négation de la divinité du Christ annihile l'œuvre de la Rédemption, puisque Dieu seul peut reformer en nous l'image primitive détruite par le péché et nous faire enfants de Dieu. « C'est pour notre salut que le Verbe s'est manifesté dans un corps humain » ; « il ne se serait pas fait homme, si le besoin des hommes ne l'y avait forcé » : la justice de Dieu exigeait que le péché fût expié ; la bonté de Dieu demandait que son œuvre, l'homme, ne pérît pas. Le Verbe de Dieu s'est donc fait homme : homme, il apaise la justice de Dieu, il paye la rançon du péché en souffrant dans son corps, en même temps qu'il dépose dans l'humanité un germe d'incorruptibilité; Dieu, il contente la bonté de Dieu, il sauve l'homme en reformant en lui sa propre image, en lui manifestant le Père, en le déifiant. « Le Verbe s'est fait homme pour que

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