‹ Sainte IrénéeChapitre 17 sur 174 · LA FRATERNITÉ HUMAINE · texte numérisé non relu

LA FRATERNITÉ HUMAINE

de Tempire eu sont tous au même titre les citoyens.

Le paganisme social recule. Les maîtres du Cynosarges, Antisthène le bâtard et Diogène le mendiant déclarent qu'ils sont citoyens du monde et attaquent les vaines distinctions établies par les lois. Les maîtres du stoïcisme, Zenon (342-270) et Chrysippe (280-208) font de la maîtrise de soi la marque de la vertu et de la raison le titre de Thomme : l'étranger, le barbare, l'esclave peut être un homme et le citoyen peut ne pas en être un. Le principe de l'universelle solidarité des êtres conduit aux mêmes conséquences : tous les hommes doivent se regarder comme des concitoyens, l'humanité formant « un grand troupeau qui vît sur un commun pâturage ». Épictète (f 120) et Marc-Aurèle (121-180) développent ces idées fécondes et concluent leur philosophie de la conscience et leur philosophie de l'univers par la théorie de la fratei^ nité des hommes. Le droit lui-même commence enfin de se transformer : c'est l'honneur de Cicéron (106-43) que son nom résume et qu'une de ses œuvres formule ces progrès décisifs de la conscience humaine, a La nature prescrit à l'homme de faire du bien à son semblable, quel qu'il soit,, par cette seule raison qu'il est homme comme lui...; elle a voulu que nous fussions tous parents... : la justice et le droit n'ont pas d'autre fondement. »

Le paganisme doctrinal reculé à son tour; en

Page 1