‹ Sainte IrénéeChapitre 20 sur 174 · DÉVELOPPEMENT DU JUDAÏSME · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DU JUDAÏSME

La Genèse et l'Exode parlaient de nombreuses apparitions de Jahvé en des termes qui pouvaient suggérer l'idée d'un dédoublement de l'être divin ; ainsi VJnge de Jahvé (Ex. xxiii, 20) semble être autre chose que Dieu, et pourtant il est formellement appelé Dieu (Gen. xxxii, 28) et se nomme Dieu lui-même (id. xxxi, 11-16). Si la spéculation juive cesse de bonne heure de s'attacher à cet être mystérieux, elle se porte bientôt sur les idées de Sagesse et d'Esprit. La sagesse» reconnue d'abord comme attribut de Dieu, apparaît déjà dans les Prosferbes (viii, 22-3 1) comme intermédiaire entre Dieu et le monde. Jésus, fils de Sirach, qui écrit V Ecclésiastique au second siècle avant notre ère, personnifie la Sagesse et voit en elle, avec le résumé des qualités divines qui se manifestent dans la nature et les consciences, un intermédiaire vivant entre Dieu transcendant et les êtres créés. Le livre de la Sagesse, composé quelque temps avant l'Ecclésiastique, présente la même doctrine sous une forme plus précise encore, et commence même à personnifier l'Esprit de* Dieu*.

Ces progrès de la doctrine religieuse se rattachent à rinvincible désir d'éviter à Dieu un contact avec le monde qui pourrait ressembler à une souillure ; le progrès de l'espérance messianique ne dérive pas d'une épuration philosophique de la substance

I, Cf. Hackspill : Revue Biblique^ 190a.

Page 1