PHILON
échelonnées sur les routes de l'empire, sont en communications constantes les unes avec les autres. Les Juifs exercent une certaine action sur les Païens : la simplicité de leurs dogmes et la pureté de leur morale intéressent les esprits d'élite. Ceux qui se font circoncire entrent parmi les prosélytes de la justice \ ceux qui se contentent de pratiquer la morale d'Israël sont appelés les prosélytes de la porte. La propagande mosaïque fait de tels progrès q^u'un édit d'Antonin le Pieux interdit aux Juifs, sous des peines sévères, de circoncire les étrangers. — Mais, le plus souvent, les Juifs subissent l'influence du milieu qui les entoure. En Egypte notamment, ils oublient la langue maternelle : il leur faut traduire la Bible (les Septante^ iii^-ii® s.). La langue grecque introduit parmi eux les idées grecques : le livre de la Sagesse^ qui fut, du reste, écrit en grec, attaque violemment l'idolâtrie et rappelle à ceux qui l'oublient la puissance et la bonté de Jahvé, tandis que des « apocalypses » mystérieuses concourent de leur côté à raffermir la foi d'Israël en lui dépeignant la venue du Messie, la ruine des royaumes, la conversion des païens. Toute une philosophie se fonde qui tente d'accorder à la sagesse hellénique la sagesse juive. Contemporain de Jésus- Christ, Philon en est le représentant le plus illustre : il veut attirer les païens au vrai Dieu, le Dieu de Moïse, organiser un système spéculatif aussi exact que possible et montrer surtout que la science n'est rien auprès de l'amour. — Le syncrétisme judéo-
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