‹ Sainte IrénéeChapitre 30 sur 174 · VALENTIN · texte numérisé non relu

VALENTIN

son corps périt sans retour. Basilide présente ffj; ces théories comme l'enseignement traditionnel jjj des Apôtres : il prétend se rattacher à saint Pierre jj^^ par Tintermédiaire d'un certain Glaucias et utiliser les prédications de saint Mathias et lui-même commenter l'Evangile dans ses « Exégétiques* ». Valentin de Rome (vers 1 35- 160) est une personnalité beaucoup plus puissante : il transforme la primitive Gnose chrétienne, la répand hors des étroites limites (Egypte, Syrie) où elle a été enfermée jusque-là et l'enseigne avec éclat au cœur même de l'empire. Imagination féconde, il conçoit en poète le problème métaphysique et se meut avec une souple aisance au milieu des complications du drame sacré qu'il imagine. Pensée vigoureuse toute pénétrée de platonisme, s'il emprunte à l'Egypte ses couples divins, femelles et mâles (syzygies), il les transforme en abstractions pures; il réagit contre le dualisme où aboutissent Basilide et Saturnin, Ménandre et Simon; il voit dans le monde matériel et passager, le Kénôme, une imparfaite

I. Cette description du Basilidianisme est empruntée à saint Irénëe. Les PhUosophoumena présentent tout différemment cette même doctrine ; mais il est très vraisemblable que saint Hippoljte y décrit le système des Basilidiens ses contemporains^ et que l'exposé d'Irénée nous renseigne sur le Basilidianisme primitif. Cette conclusion ressort, croyonsnous, et de ce que nous savons de la composition des PhUosophoumena^ et de la comparaison des deux formes de rhérésie basilidienne avec les systèmes de Simon, Ménandre et Saturnin.

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