LA DOCTRINE
image du monde éternel et spirituel, le Plérôme. Chrétien convaincu, il a un sentiment très vif et très profond du péché, il fait de Jésus le centre de son système et l'instrument du salut et il garde un souvenir encore vivant de sa réalité historique ; il étudie amoureusement saint Jean et fait tous ses efforts afin de n'être pas rejeté hors de l'Église; il se présente, du reste, comme le disciple d'un Théodas qui aurait été l'ami de saint Paul. Échapper à la souillure, s'affranchir de la matière, accéder à Dieu, voilà ce que rêve Valentin*.
Du même coup, il surmonte le .dualisme et il explique le mal. Le monde éternel* et parfait, que Basilide figurait par les sept Anges groupés autour du Père Inné, est une plénitude silencieuse et inaccessible au fond de laquelle repose le Père Inengendré, tout-puissant et tout bon'; avec sa compagne le Silence, il engendre l'Esprit et la Vérité, lesquels produisent à leur tour le Verbe et la Vie, l'Homme et l'Église. Les deux derniers couples d'éons de cette Ogdoade sacrée donnent naissance, l'un à cinq, l'autre à six auti*es paires, ce qui fait en tout trente éons, répartis en trois groupes, rOgdoade, la Décade et la Dodécade,
1. Cf. de Faye : Introduction à V étude du Gnosticisme, un beau portrait de Valentin.
2. Cette description du Valentînianisme selon Tëcole de Ptolëmée est empruntée à Mgr Duchesne : Origines chrétiennes^ p. 1 48-53. Cf. notre saint Irénée [Bloud], livre I, § 3, la doctrine primitive du maître.