DE VALENTIN
formant par leur ensemble le Plérôme. — Mais la Sag^esse, dernier terme mâle de la Dodécade, désire avec passion connaître le Père mystérieux, TAbîme ineffable ; or, cette connaissance est réservée à TEsprit; la Sagesse ne conçoit donc qu'un fruit imparfait, matière informe et principe du mal, Hachamoth*. Afin de restaurer réternelle sérénité du Plérôme, l'Esprit et la Vérité engendrent une seizième syzygie, le Christ et le Saint-Esprit, sous l'action desquels les éons, conscients de leur nature et respectueux du mystère suprême, raffermissent l'harmonie divine et offrent au Père, comme gage de leur obéissance, un trente-troisième et dernier éon, Jésus ou le Sauveur. Le Père Ineffable, dans sa bonté, n'abandonne pas Hachamoth : il lui envoie le Christ, puis Jésus et, la rapprochant ainsi de lui, y introduit tour à tour les formes substantielles, les substances inanimées, les substances animées, les substances spirituelles; Hachamoth épurée tire de la substance animée le Créateur qui crée tous les êtres, y compris les hommes et les sept Anges (de Basilide, Saturnin, Simon). — Seulement si certains hommes, qui connaissent ces choses, sont assurés du salut (les spirituels), si certains autres sont assurés de périr avec la matière dont ils sont formés (tes matériels), beaucoup ont besoin d'un Rédempteur : ce sont les hommes animaux, les chrétiens qui ne connais-