‹ Sainte IrénéeChapitre 34 sur 174 · MARCION · texte numérisé non relu

MARCION

emprunte au platonisme la croyance que les âmes, avant la naissance, ont contemplé les vérités éternelles, il ne voit en Jésus qu'un homme dont les souvenirs sont plus forts que les autres, il accorde un grand rôle à la magie, et il fait de l'immoralité, que toléraient ses devanciers, une condition de salut*. — Les excès de ses fidèles, ceux des Antitactes et des Prodiciens, amènent une réaction; les Encratites et les Sévériens condamnent le mariage, l'usage de la viande et du vin.

Mais c'est Marcion qui crée l'église gnostique animée de la vie morale la plus intense (vers 144-1 5o). Plus profondément chrétien que Valentin lui-même, il combine la Gnose avec la doctrine de saint Paul. Le Dieu juste et jaloux de l'Ancien Testament, identique au créateur du monde, est radicalement distinct du Dieu Suprême, révélé par le^ Christ de l'Évangile dans l'apparence humaine de Jésus et qui est tout miséricorde et tout amour. La rédemption est un acte incompréhensible de la miséricorde divine ; tout ce que le chrétien possède, il le doit uniquement au Christ. Le chrétien doit rejeter l'œuvre du Dieu créateur et pratiquer un ascétisme austère ; le mariage lui est interdit. Si les Apôtres ont méconnu la pensée du Christ, le Dieu de l'Évangile a envoyé saint Paul combattre après Jésus le dieu Jahvé, et Marcion restaurer l'œuvre ébranlée de saint Paul.

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