‹ Sainte IrénéeChapitre 38 sur 174 · RÉPUTE LES GNOSTIQUES · texte numérisé non relu

RÉPUTE LES GNOSTIQUES

pose pas à Jésus rhumilité de son origine terrestre ; il vient d'en haut, il est la parole de Dieu, le Verbe fait chair. Qu'on ne lui oppose pas la honte de son supplice; il est mort librement, pour l'amour de son Père et pour le nôtre ; et en cela même il a servi les étemels desseins de la Providence », il a accompli les prophéties ; il est le Messie. La Parole de Dieu, par qui Dieu se révèle, existait avant la création ; elle était pour Dieu, tendue vers lui, Tcpoç tov ©sov, unie à lui et distincte de lui. C'est par elle, ainsi que le rapporte la Genèse, qu'a été créé le monde ; et c'est elle encore qui est venue sur terre apporter la vie et la lumière aux hommes : le Verbe par qui Dieu a fait le monde autrefois n'est autre que le Fils de Dieu, Jésus. Jean-Baptiste est venu pour rendre témoignage à la lumière au moment où, dans la personne du Christ, elle se manifestait sur terre, a Celui qui était la lumière a été mal reçu dans le monde, lequel était pourtant son œuvre ; mais il y a des hommes qui ont cru en lui et qui, par lui, sont devenus les enfants de Dieu ; il leur a procuré cette grâce étant lui-même, dans sa chair, le Verbe de Dieu. Quant aux hommes qui l'ont mal reçu, ils n'ont pu l'empêcher de faire son œuvre ; les ténèbres n'ont pas arrêté la lumière : après avoir illuminé et vivifié les hommes, le Verbe incarné. Monogène de Dieu, est rentré dans le sein de son Père ; et maintenant ceux qui croient en lui ont la vie par lui. »

La Gnose survécut à saint Jean ; évêques et simples

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kk SAINT JUSTIN.

fidèles durent faire tous leurs efforts afin de sauver « la tradition de la dîdascalie bénie des Apôtres. » Les vieux presbytres y ceux surtout « qui ont vu les Apôtres » recueillent leurs souvenirs et les opposent aux fantaisies cosmogoniques de Valentin et de ses émules : Aristion et Jean sont les plus célèbres. Comme eux-mêmes n'ont jamais écrit, et qu'il importe grandement de garder leur doctrine, des hommes de bonne volonté rédigent les traditions qu'ils rapportaient : tel Tévêque d' Hiérapolis, Papias (-{• vers i6o) qui recueille dans les cinq livres de ses Explications des paroles du Seigneur (Aoyiwv x'jpiaxwv sÇrjyrio-et;) les leçons qu'on leur attribue, à eux et aux Apôtres ; tel encore le palestinien Hégésippe [\ vers 190) dont les cinq livres de Mémoires ('r7iO[jLV7][jLaTa) « exposent la sûre tradition de l'enseignement catholique ». Apollinaire d'Hiérapolis, le successeur de Papias, lutta, de la même manière sans doute, contre les Sévériens Encratites ; et de même MéUton de Sardes (*{• avant igS) et son contemporain Théophile d'Antioche contre les Marcionites; et encore Philippe et Modeste et beaucoup d'autres.

C'est peut-être une autre mélhode que suivirent Agrippa Castor, qui écrivait vers i4o, et le philosophe saint Justin (martyr vers 164) qui composa avant i5o son oui^rage contre toutes les hérésies (SiivTayjjia xaTot Tcao-ôiv xwv yeyevvjjjLSvwv alpéo-ewv) et, à une époque inconnue, son traité contins Marcion (SiivTayjjia 7100; Mapxtwva) : si nous ne con-

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