Actas. Ferreoli. [Acta Sanctorum. i6 juio, p
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ait cessé de régner. Mais comme un certain Blastus défend à Rome même l'usage asiatique par des arguments qui semblent dangereux, le pape Victor (189-199) se décide à faire cesser toute dissidence: il convoque un peu partout des conciles régionaux, et, soutenu par eux, il somme les évêques d'Asie, présidés par saint Polycrate d'Ephèse, de se conformer à l'usage commun ou de renoncer à la communion ecclésiastique (190- 191). Polycrate résiste : il ne veut pas abandonner la tradition qu'il tient des Apôtres et des évêques qui l'ont précédé et il sait que mieux vaut obéir à Dieu qu'aux hommes. Victor se fâche; il déclare excommuniés les fidèles des églises d'Asie ; un schisme scandaleux commence de diviser la chrétienté naissante, lorsque l'éghse de Lyon, par la voix de son chef, fait entendre une parole de tolérance et de paix, — comme au jour où les prophéties montanistes troublaient si profondément les âmes. Irénée soutient que le mystère de la Résurrection doit être célébré le dimanche ; mais il avertit respectueusement Victor de ne pas excommunier des églises fidèles à la vieille tradition qu'elles ont reçue. «Les évêques, dit-il, n'ont pas pris soin d'instruire sur ce point les fidèles... ; ils ont cependant entretenu la paix entre eux, comme nous l'entretenons, et la différence de leurs jeûnes n'a fait que souligner l'uniformité de leur foi. » Il raconte alors que saint Anicet et saint Polycarpe, bien que ne s'étant pas entendus, <( demeurèrent dans la communion l'un de l'autre :
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pour lui faire honneur, Anicetfit même célébrer les mystères par Polycarpe, a sa place ; et il se quittèrent en paix, les uns et les autres, tant ceux qui observaient le quatorzième jour de la lune que ceux qui ne Tobservaient point, demeurant unis à toute l'Église ». La crise s'apaisa, Victor s'adoucit, les Asiatiques cédèrent à la fin et célébrèrent la fêle de Pâques le dimanche*.
Au déclin de sa carrière aussi bien qu'à son aurore, Irénée apparaît comme un messager d'union, de paix et de concorde : « il était aussi pacifique que son nom le témoigne* ». Avant de mourir, il a seulement le malheur de voir détruite, pour le plus grand dommage de ses fidèles, cette paix qui lui tient tant au cœur : c'est dans la campagne de Lyon, que se heurtent les armées ennemies d'Albinus et de S. Sévère (19 février 197), tous deux candidats à l'empire; et c'est Lyon même qui est ravagé par le pillage et l'incendie et qui, dès lors, commence à déchoir de son rang de capitale ^. L'histoire de la ville et de l'évêque semblent enlacées Tune à l'autre ; l'une et l'autre à la même heure disparaissent de la^cène.
1. Eiisèbe. H. E. V. 23 sq. Mgr Duchesne : Origines chrét., p. 237 s. q.
2. Eusèbe, H. E. V. 24, in fine. On sait que paix se dii en grec elpijvY], (Irënëe, Eîpy)vaToç = pacifique).
3. A partir du m* siècle, en effet, Arles et Trêves éclipsent Lyon : Taggravation du péril germanique, la diffusion de la civilisation romaine expliquent la fin de ce qu'on pourrait appeler le monopole lyonnais aux deux premiers siècles.