AU TEMPS DE MARC-AURÈLE
8'asseoir sur les gradins de son Colisée, qui avait 80 000 places, et de son Cirque, qui en comptait 36o 000. Les places publiques avaient la majesté des sanctuaires : des temples magnifiques s y alignaient en rangs serrés, rivalisant de richesse et de grandeur; des peuples de statues dorées y étincelaient au soleil; des colonnes hardies s'élançaient vers le ciel comme pour y porter la gloire des triomphes inscrits sur leurs flancs. Au centre de toutes ces merveilles, le Capitole et le Palatin se dressaient face à face, Tun séjour de Jupiter, Tautre demeure de César; celui-là, dans la majesté lointaine du passé, celui-cidans la splendeur inouïe du présent. » C'était le cœur de l'empire qui battait dans cette ville superbe ; et la Ville elle-même slncarnait dans l'empereur. Rome était devenue la grande divinité du genre humain ; l'empereur, personnification de celle-là, recevait les adorations que lui adressait celui-ci. Laissant au « Sénat » les apparences du pouvoir, il l'accaparait tout entier : « le plaisir du prince a force de loi, disaient les jurisconsultes, puisque, en vertu de la loi royale qui est la source de son autorité, le peuple lui a conféré et a incorporé en lui tout l'ensemble de ses droits et de ses pouvoirs. » L'empereur peut tout ce qu'il veut : quod libet, licet ; il est au-dessus de toutes les lois et n'est lié par aucune : princeps legibus solutus est. Il fait partout sentir son action par la foule innombrable de ses légats et de ses procurateurs, des chevaliers et des « Césariens » .
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