‹ Sainte IrénéeChapitre 6 sur 174 · LES CITOYENS · texte numérisé non relu

LES CITOYENS

Au-dessous de lui, les « sénateurs » et leurs a clients » obéissent avec docilité, les provinciaux, avec bonheur : ils voient réduits à Timpuissance leurs anciens maîtres, leurs anciens tyrans. Tous ne demandent qu'à goûter en paix les seuls biens auxquels ils tiennent et que leur garantit le prince : la sécurité de la vie privée, la jouissance tranquille de la plus grande somme de joies. Tous sont de fervents adeptes de la religion du plaisir: le mariage, qui la gêne, est aussi facilement rompu que contracté; et combien de célibataires refusent d'enchaîner leur liberté capricieuse ! Manger et s'amuser, panent et circensesy voilà la double prière que fait chaque jour monter vers le dieu du Palatin la foule de ses adorateurs ; et c'est la double grâce que leur envoie le dieu bienveillant. On distribuait du blé, de la viande, du vin, des habits, des chemises, des mouchoirs, des quadriges et jusqu'à des bêtes sauvages et des eunuques. Tout devenait prétexte à jouissance. De la satisfaction d'un besoin de propreté, on avait fait, dans les thermes, l'occasion des voluptés les plus raffinées : on y trouvait des salles de bain pour 1600 et même 2000 personnes, des gymnases, des bibliothèques, des musées peuplés de chefs-d'œuvre, des salons de conversation, des jardins superbes. Des thermes, on allait achever sa journée aux spectacles publics, dont l'attrait était plus grand encore ; l'amphithéâtre et le cirque étaient les vrais domiciles du citoyen romain : il y prenait ses repas, il y faisait sa sieste, il y traitait

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