ET POLYCARPE
pour l'avoir apprise de saint Jean et « de la bouche des Apôtres* q, saint Irénée avait conscience de la posséder au point qu'il n'hésitait pas à dire, lorsqu'on l'attaquait : « Je puis assurer devant Dieu que si ce bienheureux presbytre successeur des Apôtres avait entendu (telles et telles théories), il se serait bouché les oreilles, et il se serait écrié selon sa coutume : Dieu bon, à quelle époque m'avez-vous réservé pour que je supporte ces choses ? Il se serait enfui à ces discours, qu'il fût debout ou assis '. »
A sept reprises', Irénée parle d'un autre presbytre qui, s'il n'a pas été le disciple direct des Apôtres, « avait entendu (les enseignements) de ceux qui les avaient vus et avaient été instruits par eux. i> Ce presbytre, dont il ne dit pas le nom et qui sans doute était plus jeune que Polycarpe, combattait comme celui-ci les assertions de la Gnose et montrait que les deux Testaments émanent du même Dieu, à savoir le seul Dieu unique et véritable, père de Notre-Seîgneur Jésus-Christ.
Il n'est pas probable que ce presbytre et saint Polycarpe aient, seuls, été entendus de saint Irénée et que, d'eux seuls, il rapporte les discours. De fait.