IRÉNÉE ET LES PRESBYTRES
il allègue souvent* quelque vénérable inconnu à Tappui de ce qu'il avance et Ton ne voit pas qu'il s'agisse ni de Polycarpe ni du disciple des disciples des Apôtres. Quels sont ces presbjtres mystérieux? Leur nom, leur nombre, leur importance, nous ignorons tout également. Il semble pourtant très vraisemblable que, si quelques-uns ont été entendus de saint Irénée, — Tévêque de Lyon^ saint Pothin,par exemple, et, sans doute, quelques prêtres de Rome, — c'est par un Iwre qu'il a connu le témoignage du plus grand nombre'.
L'évéque d'Hiérapolis (en Phrygie), Papias, n'avait pas vu les Apôtres comme son ami saint Polycarpe et n'avait pas été leur disciple ; mais il avait eu pour maîtres deux hommes qui étaient leurs contemporains, qui « conversaient familièrement avec eux », et qui, du reste, étaient comme eux propres disciples du Seigneur, Aristion et Jean le Presbytre : lui-même en témoigne^. Il recherchait avec passion ce qu'ils avaient dit les uns et les autres et transcrivait tout ce qu'on lui racontait dans les cinq livres de son grand ouvrage, les Explications des paroles du Seigneur (vers i4o-i5o). Le malheur est que sa
I, I, préface;!, i3, 3; III, 17, 4; III, aS, 3; V, 17,4; I1 i5, 6; - 11,2a, 5; V, 5, i; V, 3o, i; V, 33, 3; V, 36, i.
1. Des références rapportées à la précédente note, les dernières (séparées des autres par un tiret), désignent les passages où, d'après M. Harnack, Irénée reproduit Papias; l'origine des premières est asiatique ou romaine.
3. Ëusèbe, H. E. III, 39. — Irénée se trompe évidemment lorsqu'il en fait (Y, 33, 4)* un disciple de Jean T Apôtre.
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