DU TRAITÉ D'IRÉNÉE. 7S
déclarent explicitement*. Comme leur Dieu se dérobe au fond d'un impénétrable abime, de même, les Gnostiques fuient le grand jour et enveloppent leur dogme de mystère et de silence. Derrière touc phénomène apparent, ils devinent toujours quelque inaccessible et ineiTable réel ; derrière leurs théories officielles, et, en quelque manière, publiques, pareillement, ils laissent soupçonner toujours une doctrine plus haute, plus pure et plus vivifiante. Et leur ésotérisme radical ne découle pas seulement de la nature même de leur pensée ; il est aussi en rapport avec la tradition qu'ont créée — ou reprise — les mystères grecs : le secret dont ils s'entourent augmente la vénération qu'ils inspirent et semble dérober à leurs adversaires la possibilité de les réfuter. Irénée le déclare expressément : « Nos prédécesseurs, bien que meilleurs que nous, n'ont pourtant pas pu riposter aux Valentiniens, parce quils ne connaissaient pas leur système^ » ; « c'est pourquoi, nous nous sommes eflTorcé de mettre au grand jour tout le corps de cette petite bête rusée...; plus n'est besoin dès lors de beaucoup de discours pour ruiner cette doctrine : je la fais connaître à tous. Lorsqu'une bête est cachée dans une forêt et que, de là..., elle ravage les alentours, celui qui isole la forêt et l'éclaircit et fait voir la bête ellemême, facilite la tâche de ceux qui veulent la pren-
I. I, préface a (444)« — I| 3i, 3-4 (705-706). — II, préface a (709). — IV, préface 1 (973).
a, IV, préface a (973).
SAII^T IRENEE.