HÉGÉSIPPE ET JUSTIN
ils mentionnent sept sectes juives (Esséens, Galiléens, Hémérobaptîstes, Masbothéens, Samaritains, Sadducéens, Pharisiens) dontlrénéene souffle mot ; ils énumèrent sept sectes chrétiennes dans un ordre (Simoniens ?, Ménandriens, Marcionites, Carpocratiens, Valentiniens, Basilidiens, Satorniliens) qu'Irénée semble ne pas connaître*.
Le traité de saint Justin contre toutes les hérésies est plus ancien, sans doute de peu antérieur à i5o. Irénée pouvait aisément le connaître : il nomme à deux reprises saint Justin. On ne peut rien affirmer pourtant. Justin étudiait sept sectes juives (Sadducéens, Génistes, Méristes, Galiléens, Hellenianens, Pharisiens, Baptistes); Irénée les ignore. Justin réfutait peut-être* sept sectes chrétiennes (Simoniens, Ménandriens, Marcionites, Mar-. cianens, Valentiniens, Basilidiens, Satorniliens) ; Irénée ne connaît pas cet ordre*. Si tous deux parlent de la prétendue statue qui aurait été élevée
1. Voici Tordre que suit Irënëe : Simon, Ménandre, Saturnin, Basilide, Carpocrate, Cérinthe, Ebionites, Nicolaites, Cerdon, Marcion, Taden, Barbéliotes, Ophites, Sethites, Caïnites.
2. Trois seulement peut-être, celles qu'il ënumère dans son Jpologie-^ les quatre dernières sont seulement citées dans le dialogue avec Tryphon. Noter le double nombre de sept qui semble se retrouver cbez Hegésippe et cbez Justin, et que les deux listes de sectes chrétiennes diffèrent seulement par le quatrième numéro (Carpocratiens-Marcianens), et que les deux listes des sectes juives ont quatre termes communs. Derrière Hegésippe et Justin, n'y aurait-il pas un texte duquel tous deux dépendraient, — et que n'aurait pas connu Irénée?
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h Simon le Mage dans Tile du Tibre, à Rome, tous deux n'en parlent pas de la même façon : Irënée est beaucoup moins affirmatif que Justin. Si tous deux savent que les disciples de Ménandre croient échapper à la mort, Irénée ne donne pas les renseignements que lui fournit Justin et il en donne d'autres que celui-ci ne lui fournit pas. Justin montrait dans Simon et les Gnostiques des envoyés des démons ; Irénée se place à un tout autre point de ¥ue. Les points de contact des deux auteurs doivent donc s'expliquer par leur commune dépendance par rapport à une même source.
Un disciple d'Irénée, saint Hippolyte, nous permet seul d'atteindre avec une quasi certitude une source écrite utilisée par Irénée. Au début de sa caiTière, Hippolyte avait rédigé un opuscule où il exposait et réfutait brièvement les hérésies; si le texte n'en est pas parvenu jusqu'à nous, il est ^néralemcnt admis ^ que nous pouvons le reconstituer grâce au Panarion de saint Epiphane, au de haeresibus de Philastre, a Vadi^ersus haereses du pseudo-TertuUien. Or, ce traité d'Hippolyte, comparé à la Gnose démasquée et réfutée^ présente par rapport à elle de curieuses ressemblances et des différences caractéristiques. Si les deux textes commettent la même erreur à l'endroit de Colarbassus, s'ils donnent à peu près les mêmes détails, parfois dans les mêmes termes, au sujet de Tatîen