LE DÉVELOPPEMENT RELIGIEUX
exagère les analogies les plus ténues, lui est aussi familière qu'à Philon : il peut donc aisément, et étayer sa thèse d'arguments subtils et renverser les objections qu'on lui fait.
Irénée enseigne ensuite que V Écriture est Vhistoire du relèvement progressif de Vhumanité arrachée par Dieu au péché et, par lui, attirée à lui. « Il n'y a qu'un salut, dit-il, comme il n'y a qu'un Dieu ; mais nombreux sont les préceptes qui forment l'homme, et nombreux les degrés qui le font monter jusqu'à Dieu* ». L'objet de la politique, ou, comme disait saint Paul, de la pédagogie divine, est toujours le même ; mais ses procédés varient suivant les âges. « Tantôt Dieu parle à sa créature, tantôt il la gourmande et tantôt ill'exhorte ; ensuite il la délivre de la servitude, il l'adopte pour enfant et, le moment venu, il lui donne son héritage, l'incorruptibilité, afin de la rendre parfaite. C'est qu'il Ta faite pour le progrès, pour le développement, selon qu'il est écrit : Croissez et multipliez-vous. Ce qui distingue, en eflTet, Dieu de l'homme, c'est que Dieu fait, et que l'homme est fait. Or, celui qui fait est immuable ; celui qui est fait a un commencement et un milieu, on le développe et on l'augmente... Dieu est parfait absolument... ;
(1042-1043); 29-31 (1063-1070) ; aS (loSo-ioSî). Aussi n'jr tt*t-il pas grand intérêt à suivre dans le détail les disttuwions de textes d'Irënée. Cf. II, 20, a3 (773-787). IV, 6 t^86-99o). IV, 27-3i (1056-1070). V, 9(1144); i3, a(ii57). i. IV, 9. 3 (998).
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rhomme au contraire, progresse, grandit (et monte) vers Dieu. Comme Dieu, en eflFet, est immuable, ainsi Thomme... progressera toujours vers Dieu. Car, ni Dieu ne cessera jamais de lui faire du bien et de l'enrichir ; ni lui ne cessera jamais de recevoir des bienfaits de Dieu et d'être enrichi par lui*... »
Dans cette bienfaisante histoire Irénée distingue trois* grandes époques, marquées par les trois noms d'Adam, de Moïse et de Jésus. Aux origines, lors de la création, Dieu donne à l'homme la loi naturelle', dont on retrouve le contenu dans le Décalogue : qui l'observe est sauvé, tels les Patriarches *. Seulement, la plupart des hommes la violent. Dieu envoie donc Moïse '^ — car sa bonté ne veut pas abandonner les hommes à leur perte; — il leur commande comme à des esclaves, il veut les tenir par la crainte; et, comme ils adorent le veau d'or, il leur dicte le Décalogue qui renouvelle la loi naturelle, il les enchaîne dans de rigoureuses prescriptions rituelles, afin de les préserver de l'idolâtrie : il promulgue la Loi. Enfin, lorsqu'est venue la
I. IV, II, i-a (looi-iooa). Cf. IV, 3;, 7 (1104, C) et 38(1109).
a. III, II, 8 (889). Il parle de 4 testaments (à cause des 4 Évangiles). Mais il n'insiste nulle part sur le testament de Noë.