LA PRIMAUTÉ
temps de Trajan*; c'est ainsi qu'on peut interroger encore toutes les églises qui sont en Asie et particulièrement Téglise de Smyrne : son évêque Polycarpe avait été instruit par les Apôtres et avait vécu avec beaucoup de ceux qui avaient vu le Seigneur;, il avait même été établi comme évêque en Asie, à Smyrne, par les Apôtres eux-mêmes*.
« Mais comme il serait trop long, ajoute saint Irénée, dans un ouvrage comme celui-ci, de donner la succession des évêques de toutes les églises, nous ne nous occuperons que de la plus grande et de la plus ancienne, connue de tous, de l'église fondée et constituée à Rome par les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul ; nous montrerons que la tradition et la foi qu'elle tient des Apôtres sont parvenues jusqu'à nous par des successions régulières d'évêques.... Car c'est avec cette église, en raison de sa prééminence supérieure*, que doit être d'ac-
3. Ad hanc enim ecctesiam propter potentiorem principalita'^ tem necesse est omnem convenire ecclesiam, (111, 3, a, 849); le mot principalitas se retrouve, II, i, a (710 B) : il y signifie la souveraine puissance divine. Cf. Funk. KirchengeschichtUche Ablutndlungen und Untersuchungen (Paderborn Schôningh, a vol.). Cf. Rev, hist. Uti, relig,^ VI, 456. La leçon potior^ adoptée par Massuet, est condamnée par les meilleurs manuscrits ; il faut lire potentior. On s'accorde généralement à reconnaître que l'expression necesse est implique l'idée, non d'obligation morale, mais de nécessité physique ; en d'autres termes, Irénée n'entend pas ici exposer quel est le devoir des églises, mais décrire leur attitude : il faut que
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