CHRISTIANISME ET PHILOSOPHIE
sait pas résoudre \ Aussi, pour plus de sûreté sa méthode spéculative ne donne-t-elle aucune place à la philosophie propre*.
Il est très remarquable que cette attitude soit celle même que suivra toujours l'Eglise au cours de sa longue histoire : lorsqu'entreront en conflit la philosophie et la piété, la piété l'emportera toujours. C'est grâce à la méthode d'Irénée que la pensée chrétienne a pu traverser les siècles sans perdre ni son unité ni son originalité.
leurs idées dans la Bible, D'autre part, il ne la rejette nulle part. Son embarras est visible. Cf. notamment II. i4i 7* 754-755 : Si (philosophi) cognoverunt (veritatem), supkr-
FLUA EST SALVATORIS IN HUNC MUNDUM DESCENSIO. UtQUID ENIM DESCENDEBAT ?
I. Noter III, 25, i (968) : Irénée y reconnaît que l'étude de la nature, c'est-à-dire la philosophie, a conduit certains Païens à la connaissance de Dieu, Créateur et Providence. On sait la solution de Tertullien et celle de Clément d'Alexandrie : le premier anatbématise les philosophes, pères des Gnosliques et fils du démon ; le second consacre tous ses efforts à intégrer la philosophie dans la foi. Cf. la conclusion.
3. Peut-être faut-il dire aussi que le Montanisme, qui exerçait sur toutes les âmes vraiment chrétiennes une séduction si puissante, a poussé Irénée au choix d^une méthode strictement positive : la méthode rationnelle ne pouvait pas l'aider à se faire une opinion sur cette question^ qui le préoccupa évidemment beaucoup. (Cf. le livre V.)
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