‹ Sainte IrénéeChapitre 99 sur 174 · LA RÈGLE DE FOI · texte numérisé non relu

LA RÈGLE DE FOI

telle idée philosophique à laquelle il rattacherait tout le détail de ses théories; c'est l'objet même de la foi, et c'est cet objet de la foi qui devient le principe, et comme le ferment d'où jaillit son système. Nous nous réglerons sur le mouvement de sa pensée, et nous étudierons avec lui, et d'après lui, d'abord, le fait générateur de la foi et de la doctrine, — ensuite, les théories secondaires que ce fait implique ou qu'il indique.

It arrive souvent* qu'Irénée, lorsqu'il argumente contre les Gnostiques, introduit au milieu ou à la fin de son raisonnement, un exposé de la foi chrétienne qui, manifestement, développe un symbole ecclésiastique ; k tout moment, il oppose à ses adversaires le Credo^ de l'Église. Il semble bien que

i> Cf. surtout I, lo, I (549) tY]v elç Sva Oeèv, nmépa itav- ToxpiTOpa, tàv iceicotTixéTa tàv oOpavèv xal tt;v y*1V xal xàç fla^Aiffcraç xal icàvta ta iv aÙToTç, iciffTtv xal el; Sva Xpiatàv "Ir^GoCv^ tàv Ttèv toO 06oO, tàv capxwOévTa (jTcèp tî^; VjjïeTépaç otijnqpta; * xal elç IlveOpia "Aytov, ta Ôtà tôv np09TiTâ>v xex^Qpyxiç Tài ûîxovopLiaç xal tàç éXeuoetç xal triv ix IlapOévou Yévvr)ffiv xal To t:aOoç xal tt;v ëyepaiv ix vexp£&v xal triv êvaapxov etç toùç [oOpavo^^ç àvàXyi<];tv toO ifiyaTcripLévou XptfftoO 'IiQffoO toO xyptou ^^piôv xal TT]v éx Tôv oOpav(ï)V év xîî ôéÇip toO Ilarpàç irapouaiav aOtoO irÀ -h àvaxeçaXaibxraffOai ta icàvra xal àva<rT>)<rat icS<rav aapxa lîHaïîî àvôpwitéTriTo;, Tva X. I. tc^i ytMp'm t^jjlôv xal 6eô xal Sw- TTlpt xal BaffiXeT... icSv y6vu xàiit]>7) éicoupavtcov xal értyetcov xal naTax^ov^w^»»»» '^«^ xpiffiv ôtxatav év toTç irSffi iroti9ffy)Tai, -rà jièv TLVEutiŒTixà tyjç i:ovy]pla;.... elç tè alcovtov irOp icépu];?), toTç Ôè ScxatOLç... Çwrjv xap»<y<4M-evoç, àçôapalav èwpT^ffyiTat. Cf. IV, 33, 7 (1077), V, ao, I (1177), III, 3, 3 (85o) et I, aa, i (669) c\ qu'il dit de la régula fideu

a. L'existence du symbole des Apôtres au temps de saint Irêii^e est admise de tous — bien qu'on n'en connaisse pas la

dbyGoogk

c'est à ce credo ecclésiastique qu'il a emprunté les grands traits de ses théories fondamentales, Tincarnation de Dieu et la déification de rhomint^.

« Le Verbe de Dieu, Jésus-Christ Notre SeijTneur, poussé par Timmense amour qu'il nous portait, s'est fait ce que nous sommes, afin de nous faire (devenir) ce qu'il est lui-même. » Ferhiun Dei^ Jesu [s) Chrisiu [s) Domina [s] Nost (er\.,, propter immensam suant dilectionem factus est quod sumu^n jios uti nos perftceret esse qiiod est ipse^.

Voilà le cœur de la foi chrétienne, et voilà le centre de la doctrine d'Irénée.

Sans doute, il accueille la théorie, voisine du Gnosticisme, qu'a développée saint Justin : il montre dans Jésus-Christ le Docteur céleste qui révèie enfin toute la splendeur de la vérité, impariaiiement connue jusque-là. « C'est l'ignorance, dit-il, qui est la mère de tous les péchés; elle est détruite par la connaissance. C'est donc la connaissance qu'apportait le Seigneur à ses disciples; c'est par la connaissance (la gnose) qu'il soignait

teneur exacte — : on discute seulement sur la date et le lieu de son origine. Pour certains, il a été rédigé aprèa l'iin lao; pour d'autres, il a été composé à Rome, vraisemblablement au temps de saint Pierre lui-même. Voir un bon arucle de Voisin : Vorigine du symbole des Apôtres dans la iievue, d^ histoire ecclésiastique (àe Louvain). III (1903), p. 'i,^'j-^%\. I. V, préface (1120).

dbyGoogk

Page 1