SAIN I ! [BANNE D \K
tait un cierge, auquel était appliquée une petite image de la Pucelle1.
Les Orléanais qui très exactement s'associaient à toutes ces cérémonies furent informés, le 9 juin 1 ^2, par le cardinal d'Estou te ville, légat du pape, que cent jours d'indulgence seraient désormais leur récompense. A rencontre des Bourguignons qui persistaient à ricaner que la Pucelle était le diable, ils avaient donc eu raison de penser qu'elle était une grâce, et de bénir le ciel pour ses prétendus sortilèges. Un évéque de Bourgogne, Jean Germain, osait encore écrire, en cette année 1452, que Jeanne n'était qu'une « femme détestable, la risée des femmes, le scandale des hommes, » et que la justice de l'Eglise l'avait condamnée "'. Mais silence à Jean Germain ! Un authentique représentant du pape, un cardinal, octroyait aux Orléanais de belles faveurs spirituelles, auxquelles leur propre évêque, Thibault d'Aussigni, ajoutait encore quarante autres jours d'indulgence3. En élevant leurs pensées, les 7, 8 et 9 mai, vers cette « femme détestable, » ils gagnaient des grâces. Sorcière! avait-on dit. En commémorant l'œuvre de cette sorcière, bien loin de se vouer à l'enfer, ils se libéraient d'un peu de purgatoire.
Les fêtes du patriotisme devenaient ainsi des mobilisations de dévotion. Les procureurs de la ville d'Orléans étaient les pre-
1. Mantellier. Histoire du siege d'Orléans, p. 187. (Orléans. 1867.)