‹ Sainte Jeanne d'ArcChapitre 40 sur 53 · UNE LEÇON SCOLAIRE · texte numérisé non relu

UNE LEÇON SCOLAIRE

Orléans continuait d'honorer sa Pucelle et même, à certaines heures, s'incarnait en elle. Lorsque au 13 juillet 16 14 le petit Louis XIII y fit son entrée, c'est sur les lèvres de la Pucelle que l'orateur de la Cité plaçait des vers prophétiques concernant l'enfant royal ; elle prédisait à Louis XIII qu'il prendrait Jérusalem \ La Pucelle, sa vie durant, avait été bon prophète , mais en prosopopée, elle cessait de l'être.

Les fêtes annuelles de mai devenaient de plus en plus nettement la glorification de Jeanne. Le guidon peint au seizième

1. L'oracle de la Pucelle d' Orléans au roi Louis XIII . (Orléans, 1877.)

SAINTE JEANNE D ARI toi

siècle, que Ton portait à la procession, et qui représentait la Vierge mère avant a ses genoux, en prières, Charles YI1 et Jeanne d'Arc, avec deux anges à droite et à gauche, se nomma définitivement* à partir de 1659, « le guidon de la Pucelle1 . » Le sermon commença de s'intituler, au dix-septième siècle : Discours sur la Pucelle d'Orléans et sur la délivrance de e elle ville ; et puis, au dix-huitième, lorsque la rhétorique de Thomas eut mis à la modèles « éloges, » on appela ce discours : Eloge de Jeanne d'Arc1. L'œuvre de justice qu'avait accomplie la papauté du quinzième siècle trouvait ainsi dans la chaire d'Orléans son commentaire, et ce commentaire était une préface pour les futures exaltations. Le premier de ces discours de mai dont nous possédions le texte date de 1672. M. Henri Stein, qui Ta retrouvé, l'attribue, pour des raisons excellentes, au Père Senault, le célèbre prédicateur de l'Oratoire, un instant supérieur des Oratoriens d'Orléans '. Senault avait eu sous les yeux le Martyrologe gallican dans lequel, en 1637, André du Saussay mentionnait le martyre de Jeanne, et l'Histoire de l'Eglise d'Orléans, de Symphorien Guyon, qui dès 1646 faisait figurer « la Bienheureuse Jeanne d'Arc, Pucelle d'Orléans, » parmi les saints personnages du diocèse. Parallèlement aux gestes de Moïse, libérateur d'Israël, Senault déroula les gestes de Jeanne, libératrice de la France. Il s'enthousiasmait pour cette « divine fille qui a été le prodige de

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