Paul Meyer. Romania, XXXI (1891), p. 39 et suiv
l'i . IV
BOUTET DE MOXVEL. — a Venaient à moi très volontiers les pauvres gens,
pour ce que je ne leur faisais point déplaisir... »
Aquarelle extraite de l'album Jeanne d'Arc 1897 . — Plon-Nourrit, édit.
multipliaient de jour en jour par le moyen de cette pucelle1. »
On avait su, à travers la France et même au dehors, les colloques avec les théologiens. « Elle discute si bien, qu'il semble qu'elle soit une autre sainte Catherine venue sur terre, » écrivait de Bruges, dès le 10 mai 1429, un de ces marchands vénitiens qui parcouraient l'Europe, guettant les denrées et les échos". Et puis, au jour le jour, on avait su que les « signes » demandés par les théologiens étaient apportés par des victoires. En fallait-il davantage pour que parfois, avec une naïveté fiévreuse, la piété populaire s'abandonnât à certaines manifestations qui risquaient de desservir Jeanne plutôt que de l'honorer ? Car les ennemis
guettaient La gloire de Jeanne, dès 1429, s'éleva tout de
suite à ce périlleux apogée : Noël Valois en a retrouvé la preuve, en 1906, dans un manuscrit de Vienne, contenant la réponse faite à l'écrit de Gerson par un clerc parisien3.
Ce clerc, qui, comme tous les universitaires demeurés à Paris, appartenait au parti anglais, accuse Jeanne d'idolâtrie et de sortilèges ; et la raison qu'il en donne, c'est qu' « en plusieurs villes notables, elle acceptait, comme une sorte d'offrande, des cierges allumés que des enfants lui offraient à genoux, et elle faisait tomber sur leurs têtes trois gouttes de cire ardente en