‹ Sainte Jeanne-Françoise de ChantalChapitre 7 sur 24 · W OrATF.TÏniE PARTIE · texte numérisé non relu

W OrATF.TÏniE PARTIE

la soutenir parles liquides nourrissants, puisqu'elle le pouvait sans la toucher, mais c'était tout ce qu'il lui était possible de faire sans désobéir. Cette femme vécut trois semaines encore, et notre sainte ayant fait faire de petites pinces en argent, demanda au curé de les employer à introduire dans le gosier de la mourante une petite parcelle de le sainte hostie, afin qu'elle ne fût pas privée du saint Viatique. Le curé l'ayant ainsi communiée, elle mourut dans les sentiments les plus édifiants. Dieu s'était plu à récompenser un jour l'étonnante charité de notre sainte d'une manière bien consolante, et depuis ce moment, son amour pour les pauvres n'avait plus connu de bornes.

Le jour de la Sainte-Trinité, 1604, Jeannese promenait, le soir, à quelques pas du château. Trois beaux jeunes hommes viennent à elle,et,bien que dans leur extérieur rien n'annonce la misère, ils lui demandent une aumône pour l'amour de Dieu. La noble femme ne trouvant dans son aumônière qu'une menue monnaie qu'elle n'eût osé leur offrir, prend à son doigt une bague de prix que son mari avait portéejusqu'à sa mort, qu'elle lui avaitretirée elle-même, à laquelle elle tenait par le fond de son cœur, et elle la donna à l'un des jeunes gens en lui disant :

— Je n'ai que cela, ce sera pour vous trois, si vous le voulez bien.

— Oui, Madame, lui répondit-il, nous sommes assez bons amis pour tout partager entre nous; il suffit que vous ayez donné à l'un de nous pour que nous vous soyons reconnaissants tous les trois.

Jeanne, aussitôt, se sent pénétrée de la présence de Dieuavec tant de force et de douceur,qu'elle tombe sur ses genoux et baise les pieds des trois jeunes hommes qui ne s'opposent point à ce témoignage de respect; mais h

Page 1