DIEU
peine elle avait achevé, qu'ils avaient disparu tous les trois. Elle chercha vainement à se rendre compte du chemin qu'ils avaient pris;elle ne vit qui que ce fût dans la campagne, tout était désert,le silence était partout...
La sainte remercia Dieu de la faveur qu'elle venait de recevoir, et dont elle ne pouvait douter, elle se promit de ne jamais répondre par un refus à ceux qui recourraient à sa charité, et d'aller môme au-devant de toutes les misères des pauvres pour les soulager. De là les actes héroïques que nous avons vus ; de là aussi cette ardeur de zèle qui la mit aux portes de la mort en l'année 1606.
Appelée à Bourbilly, où sa présence était nécessaire, pendant les vendanges, elle voit s'y déclarer une épidémie qui fait de nombreuses victimes : c'était une dyssenterie si violente, qu'elle emportait le malade en quelques jours. Jeanne se dévoua comme elle savait le faire, allant d'une maison à l'autre, soignant les vivants, ensevelissant les morts, ne prenant de repos ni la nuit ni le jour. Elle succomba à tant de fatigues, gagna la maladie, et, se voyant très-mal, fît un suprême effort pour écrire à son beau-père et lui recommander ses enfants. Tout le manoir de Monthelon éclata de douleur en recevant cette nouvelle. Le châtelain ne pouvait supporter la pensée de perdre sa belle-fille, les enfants étaient inconsolables, tous les gens du service étaient en larmes, à l'exception de Gertrude qui triomphait... Mais Dieu avait ses desseins sur notre sainte. Inspirée par son divin esprit, Jeanne fait un vœu à la sainte Vierge, et elle est guérie à l'instant môme. Alors, se hâtant de terminer ses affaires, elle monte à cheval et retourne à Monthelon où sa présence apporte la joie et la consolation dont on avait si grand besoin.