‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 101 sur 142 · Bulle Gloriosam Ecclesiam, apud WADDING, an · texte numérisé non relu

Bulle Gloriosam Ecclesiam, apud WADDING, an

où se trouve l'humanité, il faut s'attendre à des faiblesses. Du reste, ce n'était qu'un nuage dans un ciel resplendissant. Les schismatiques ne formaient qu'une infime minorité, et l'Ordre, enfantant sans cesse, à côté des discordes trop connues, des dévouements trop ignorés, n’en poursuivait pas moins sa marche majestueuse à travers le monde, le front couronné — avec saint Louis de Toulouse, Jean de Montecorvino, Richard de Middletown, Oderic de Pordenone, Duns Scot, Gentil de Matelica, tous contemporains de sainte Marguerite — de la triple auréole de l'apostolat, de la science et du martyre.

Telles sont, en résumé, les révélations de la Bienheureuse relatives à l'Ordre: révélations où l'Institut franciscain nous apparaît vraiment, malgré les quelques épines cachées sous les roses, < comme le jardin de prédilection, le parterre réservé du souverain Maïtre »; extases sublimes, visions exquises, où l'énergique et belle figure de la nouvelle Marie-Madeline s'empreint d'une majesté surhumaine, lorsque l'Homme-Dieu la choisit pour être la confidente de son cœur et l'apôtre des Apôtres! Nous avons raconté, nous avons admiré, plus, édifiés que surpris, le choix que le Saint des saints fait d'une misérable pécheresse pour une si noble mission; ne trouve-t-il pas son explication dans ce mot de | Évangile : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. » Îlest le maître de ses dons, et l'amour est le dernier mot de ses œuvres.

Hâtons-nous d'ajouter pourtant que, outre ces manifestations surnaturelles, qui projettent sur son beau visage un si brillant reflet des splendeurs du monde invisible, mais un reflet extérieur et passager, la grande contemplative de la Toscane a d'autres titres, plus intimes, plus durables, à la vénération des peuples.

N'est-elle pas une de ces fleurs mystiques qui, baignées par la rosée du ciel, fleurissent dans le jardin de l'Église? Et Celui qui sonde les reins et les cœurs n'a-t-1 pas daigné lui-même kui appliquer les dénominations, si expressives sous leur forme symbolique, de lis des champs et de rese du parterre séraphique? Rose dont les exhalaisons embanmées ont attiré nos pas, Us dont les pétales éblouissants de blancheur ont captivé nos regards! Mais allons au fond, et puisque l'impérissable beauté de ce lis des champs est toute à l'intérieur, tâchons d'en découvrir l'essence et les qualités distinctives.

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