BEVEGNATI, C. X, p
allumé. A son exemple aussi, elle entend une sentence de vie sortir des lèvres du Sauveur, quand il lui adresse ces paroles : « Va, je t'absous de tous tes péchés. » Toutes ses fautes sont effacées : mais elle-même ne peut se pardonner d’avoir offensé un Dieu si bon, et elle continue sa vie mortifiée, s’estimant heureuse de lui immoler ses membres par l'holocauste du jeûne, et son cœur par les effusions de la charité.
Qu'elle ait été la grande amante de la Croix, cette vérité se lit à toutes les pages de son histoire ; elle ressort plus particulièrement d’une vision où le Verbe incarné lui-même établit un parallèle entre la recluse de Cortone et les grands amants de la Croix qui l'ont précédée. Après l'avoir félicitée d’avoir pris pour sonpartage la couronne d’épines et les opprobres de sa Passion, il ajoute immédiatement : « Si saint François fut la première lumière de l'Ordre séraphique, sainte Claire la seconde, tu seras la troisième (1). » N'est-ce pasindiquer clairement qu'elle est le modèle de l'amour pénitent, comme le Patriarche d'Assise est le modèle de la vie apostolique, et sainte Claire le modèle de la virginité?
Nous avons tenu à rapporter fidèlement, avec le ton de touchante simplicité propre aux chroniques du moyen âge, tout ce qui, dans le récit du P. Giunta, est relatif à notre sujet, événe-