‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 113 sur 142 · Ibid., c. vit · texte numérisé non relu

Ibid., c. vit

mant soudain, elle s'écriait d’un air inspiré : « Que les martyrs aient couru au-devant de la mort, le sourire sur les lèvres, la joie au cœur, je n'en suis pas surprise, car moi-même, si misérable que je sois, je me sens un tel courage à la pensée des délices du paradis, que pour en acquérir la possession j'affronterais n'importe quel supplice, fallût-ä passer à travers des épées nues ou marcher sur des charbons ardents! — Avwec la force que je puise ici (au tabernacle), rien ne m'arréterait et je compterais pour rien les tortures les plus atraces. Par amour pour mon Jésus, que ne ferais-je pas? Avec les enfants d'Israël, je chanterais dans les flammes de la fournaise; avec Marie-Madeleine, je me tiendrais au pied de la croix; avec saint Jean, je me plongerais dans une chaudière d'huile bouillante ; awec les martyrs, je voudrais non seulement tremper mes lèvres au calice d'amertume, mais, si c'était possible, mille fois par jour mourir pour mon Dieu : tant est grande la joie que me fait éprouver :sa présence ! (1) » C'est évidemment au sortir du banquet eucharistique qu'elle parle de la sorte. C'est là que son âme, déjà transfigurée par la pénitence, prend ce cachet séraphique qui la distingue, et que son corps s’imprègne de cette odeur.céleste qui s'en échappera après sa mort. C'est là aussi que, sans art, sans effort, elle apprend cette langue surhu-

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