‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 117 sur 142 · SES: DERNIERS INSTANTS · texte numérisé non relu

SES: DERNIERS INSTANTS

de Sion, nous leur avons répondu: — Comment pourrions-nous chanter le cantique du Seigneur sur la terre étrangère ? — Que j'oubliema main drorte et que ma langue s'attache à mon palais, si jamais.je t'oublie; 6 Jérusalem, et si je ne te mets pas toujoursen tête de:mes cantiques de réjouissance ! »

Le souverain arbitre dela vieet de la mort se laissa fléchir par des vœux et des-plaintes:dont le motif était 1 pur, et le 3'janvier 1297 un ange annonçait à la. recluse que l'hiver de son:existence était passé et qu'à la saison des frimas allaient succéder les. douceurs du printemps, aux tristesses. de l'exil les triomphantes allégresses de la patrie, dans un bref délat. Les termes étaient formels. « Sèche tes pleurs, à Marguerite ! Ce 22 du mois de février, aux premières lueurs: de l'aube, tu prendras ton essor vers le séjour des élus, aù la divine miséricorde te réserve une place d'honneur (1). » À ces mots, Marguerite tressaillit d'allégresse, pareille au pauvre exilé qui vient d'apercevoir le port'et devant qui les portes de la patrie vont enfin souvrir ! Toutefois, son bonheur n'était point sans mélange. Un doute s'élevait dans son esprit : était-il possible que Dieu lui réservât une:place d'honneur parmi:les élus? N'était-elle point le jouet des supercheries diaboliques?

Doute cruel, poignante incertitude que dissipa l'Amant des âmes simples, couronnant ainsi

Page 1