BEVEGNATI, c. VI, p. 11, et C. XI, pp. 4 et
par un acte de suprême condescendance vingt années de faveurs exceptionnelles. « Rassuretoi, ma fille, lui dit-il ; c'est bien ton ange gardien qui t'a parlé, et ce qu'il t'a prédit s'accomplira. L’auguste Vierge Marie, ton séraphique Père saint François, sainte Marie-Madeleine et toute la cour céleste me supplient de hâter le jour de ton entrée dans le paradis, et j'ai résolu de les exaucer. — Merci, mon Dieu! s’écriat-elle dans l'ivresse de sa joie. Moins j’aide droits à vos bienfaits, plus vous en avez à ma reconnaissance. Que je meure à l’heure et de la manière qu'il vous plaira, pourvu que je meure pour l'amour de vous qui êtes mort pour l'amour de moi (1). » Et ses lèvres entonnèrent l'hymne de la délivrance.
Elle était encore sous l’impression de l’heureuse nouvelle, lorsque le démon s’approcha d'elle à son tour pour tenter un suprême assaut. Il exagéra la gravité de ses fautes, lui suggéra la pensée qu’elle n'en avait jamais eu une contrition suffisante, s’écria d’une voix triomphante, comme fait un général sûr de la victoire : « Tues à moi!» puisdisparut, laissant la pauvre recluse dans un grand trouble. Don Badia, qui était à ses côtés, la rassura. Survint ensuite le P. Bevegnati, qui l’exhorta à se jeter avec une entière confiance dans les bras de l’infinie miséricorde du Seigneur, et lui promit non seulement de l’assister de ses conseils, mais de