‹ Sainte Marguerite de Cortone. Quatrième éditionChapitre 119 sur 142 · SES DERNIERS INSTANTS · texte numérisé non relu

SES DERNIERS INSTANTS

lui apporter chaque matin le Pain des forts, jusqu’à ce qu'elle eût cueilli les palmes d'un triomphe inamissible. Alors Marguerite recouvra la paix pour ne plus la perdre ; elle oublia la terre pour ne plus penser qu’au ciel et se préparer à paraître sans tache au tribunal du souverain Juge.

Du 5 au 22 février, sa vie nous présente un spectacle rare, même dans la vie des saints. Pendant ces dix-sept jours, elle ne put prendre aucune nourriture, à l'exception de la sainte Eucharistie. Malgré ce long jeûne, son intelligence était plus libre, ses discours plus célestes que jamais, c'était une lampe qui, avant de s'éteindre, projetait une plus vive clarté. Toute la ville voulut contempler la vénérable malade sur son lit de sarments, les Moscari, les Casali et la masse du peuple aussi bien que les Frères Mineurs et les Tertiaires. Pour chacun, elle avait un de ces mots du cœur qui ne s’'effacent jamais de la mémoire. A ses bienfaiteurs, elle adressait les plus chaleureux remerciements ; aux Tertiaires, elle recommandait la patience et la résignation dans les croix; aux principaux seigneurs, cette concorde et cette bonne harmonie qui font fleurir les États. A tous, elle disait avec un sourire angélique : «< La voie du salut est facile : il suffit d'aimer (1). » De temps à autre, elle se tournait vers le P. Bevegnati, pour réclamer de lui la nourriture de son intel-

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